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RÉSUMÉ DES OBSERVATIONS EN SOL ARTIFICIEL

Les expériences en sol artificiel confirment celles qui sont effectuées en eau distillée.

La Jevée des graines se fait très bien avec le sulfate de calcium, la chaux, les scories, le fumier, le témoin, parfois un peu retardée avec le superphosphate.

Les corps qui fournissent la végétation la plus belle sont: le sulfate et le superphosphate de chaux, la chaux, les scories, le fumier à forte dose.

Il est à remarquer que les résineux, même ceux qui sont classés comme calcifuges, par exemple le pin maritime, se trouvent très bien d’un sol artificiel saturé de calcium ; c’est ce que démontre notre expérience du 8 mai 1907. Mais lorsque le calcium est présenté à doses massives sous forme d’oxyde (chaux), il ne donne pas de bons résultats pour le sapin pectiné, que l’on vient de repiquer.

Le sulfate de fer n'empêche pas la germination ; mais, offert au sol en fortes proportions, il tue presque immédiatement les jeunes plants.

Les composés du potassium, du sodium, de l’ammonium, ont une action toxique aux doses employées.

Le sulfate de potassium est le moins nuisible des sels de potassium ;il n'empêche pas le chène, qui vient de germer, de s’alimenter à l’aide de ses réserves cotylédonaires, et laisse subsister quelques pins maritimes.

Les cendres de bois sont généralement défavorables à la végétation ligneuse,en raison de leurs composés potassiques.

Les sulfate et superphosphate de chaux paraissent constituer les engrais de choix pour les essences forestières.

Nos expériences en terrain naturel ont porté sur des sols de jardin dépourvus de fumure, donnant à l'analyse chimique des chiffres normaux, et sur des sols de forêt dont la composition représente la moyenne de la forêt d'Orléans.

Les essais en terrain naturel ne peuvent fournir des résultats aussi réellement scientifiques que les cultures en eau distillée ou en sols artificiels.

L’absorption s’opère beaucoup plus difficilement dans la terre végétale qu’en solution nutritive ou en sol purement sableux.

Il faut tenir compte aussi que, dans la terre végétale, certains végétaux ligneux, comme le robinier faux-acacia et l’aune, se constituent des nodosités à bactéroïdes favorisant l'assimilation directe de l'azote, ou bien vivent en symbiose avec des champignons microscopiques fixés à Leurs racines; ces faits viennent modifier ou masquer l’action des divers engrais minéraux,

La composition de la terre est tellement complexe avec tous ses corps en combinaisons si variables, tous ses microbes et ferments, et leurs sécrétions si diverses, tous ses gaz et toutes ses solutions, que nombre de phénomènes demeurent encore inexpliqués. Un fait, entre autres, relatif à la

EXPÉRIENCES EN TERRAIN NATUREL din

pratique agricole est à citer : Certains engrais minéraux réussissent admirablement, dans la région du Centre, sur des sols de composition chimique déterminée; dans la même région, sur des sols de composition chimique identique, avec les mêmes circonstances de climat, d'exposition, d’humidité, de chaleur, de lumière, la réussite n’a pas lieu, sans qu’on puisse encore donner du phénomène observé une explication positive.

Cette explication peut être cherchée dans l’action de micro-organismes qui ne sont pas encore découverts, ou dans l'influence possible de certains corps, dont les traces ne peuvent être décelées par l'analyse chimique; car des quantités infinitésimales de substances très puissamment agissantes peuvent modifier la matière vivante tout en échappant à l'analyse; on en a de remarquables exemples dans la science: on connaît ce fait que certains champignons subissent l'influence des vases métalliques dans lesquels on les cultive.

Pour tous ces motifs, Les essais des divers engrais organiques ou minéraux en terrain naturel n’ont une réelle valeur scientifique qu'autant qu'ils sont confirmés par des expériences faites en eau distillée et en sols artificiels.

Expériences préliminaires en terrain naturel 4° DÉPÔT DES ENGRAIS AU PIED DES PLANTS.

Expérience du 18 avril 1905.

La première idée qui se présente, quand on veut expérimenter les engrais sur les plants forestiers, est de déposer ces corps au pied même des plants, et de les enterrer par

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un labour léger, sans altérer les racines. C’est ce que nous avons fait sur des planches de diverses essences (chênes, bouleaux, aunes) récemment repiquées, et provenant de semis du printemps 1904.

Les doses étaient calculées à raison de 1.000 kilos à Phecare.

A la fin de la période de végétation, le sulfate de chaux et le superphosphate avaient donné les plus beaux résultats.

Venait ensuite le sulfate de fer qui avait bien réussi sur les feuillus de cet âge, à cette époque de l’année,

Les sulfates de magnésie et de manganèse avaient été indifférents.

Les chlorure de potassium, nitrate de soude, nitrate de potasse, nitrate d’ammoniaque, carbonate de potasse, sulfate de potasse, sulfate d’ammoniaque ont produit le dépérissement ou la mort des plants.

Le volume moyen des tiges était doublé chez celles qui avaient été traitées par /e sulfate ou le superphosphate de chaux ; 11 était d’un quart en plus chez les végétaux traités par le sulfate de fer.

On peut expliquer la réussite du sulfate de fer par son action chlorophyllienne, et aussi par sa décomposition dans un sol muni de calcaire et sa transformation en sulfate de calcium et oxyde de fer.

2° INFLUENCE DU CONTACT DES ENGRAIS SUR LES GRAINES. Expérience du 6 juin 1905.

Il est très important de savoir exactement avec quels en-

grais organiques où minéraux on peut sans danger mettre en contact les graines forestières de nos essences en expérience.

Nous avons semé ces graines avec les engrais eux-mêmes dont l’énumération suit :

Sulfate de chaux, scories, superphosphate, carbonate de potasse, chlorure de potassium, sulfate d’ammoniaque, nitrate de soude, sulfate de potasse, sulfate de fer, nitrate de potasse, sang desséché.

Seuls, le plätre et les scories n’ont pas nui à la levée des graines, et l’ont même notablement accélérée.

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