‹ Action des engrais sur les végétaux ligneuxChapitre 20 sur 41 · Chlorure de potassium · texte numérisé non relu

Chlorure de potassium

Les jeunes plants ont été repiqués le 22 novembre 1905, avec les précautions habituelles ; ils provenaient des semis du printemps précédent.

Au 10 juillet 1906, on constate que le sulfate de chaux, le superphosphate, les scories, la chaux, ont produit les effets les meilleurs.

Les repiquages du fumier sont en bon état; de mème ceux du fer.

Ceux du sang desséché, du nitrate de soude, du sulfate d’ammoniaque, du témoin, de la kaïnite sont en assez bonne végétation.

Les feuillus des cendres vont assez bien; les résineux sont très médiocres.

Dans le chlorure de potassium et le sulfate de potasse les résineux et les feuillus sont en très mauvais état.

Le 27 juillet 1906, on ajoute 100 grammes d'engrais par mètre carré respectivement sur chaque planche, et on observe les effets produits au 6 octobre 1906.

Les changements sont les suivants:

Les feuillus du nitrate de soude ont souffert, et les résineux y sont morts.

Dans le chlorure de potassium, les feuillus sont de plus en plus dépérissants, et les résineux sont morts.

l'en est de même pour les feuillus dans le sulfate de potasse ; mais la situation des résineux n’est pas devenue plus mauvaise.

Dans les cendres, les feuillus n’ont rien gagné en développement; les résineux n’ont pas changé.

Dans la kaïnite, les résineux sont dépérissants.

Le sulfate de chaux, le superphosphate, les scories, la chaux ont donné /a végétation la plus belle, le chlorure de potassum la plus mauvaise.

Les composés du calcium ont développé la végétation ligneuse; ceux du potassium l’ont ralentie.

Cette expérience du 21 novembre 1905 est continuée en 1907, comme en 1906.

Le 19 avril 1907, on arrache les aunes, en laissant les bouleaux et les chênes ainsi que les résineux ; on repique de nouveaux plants de chênes et de résineux, et on remet 100 grammes d’engrais par mètre carré avec la même dose de fumier que précédemment dans la planche qui lui est ré- ‘servée.,

Au 15 septembre 1907, on constate les résultats de la végétation :

Le sulfate de chaux, le superphosphate, les scortes, et la chaux ont admirablement réussi.

Le fumier a produit une bonne végétation.

Le sulfate de fer n’a été mauvais que pour les tout jeunes plants ; il en est de même du sulfate d’ammoniaque. |

Le sang desséché porte des plants médiocres ; les végétaux sont dépérissants dans les cendres et la kaïnite, ainsi que dans le nitrate de soude.

C’est dans le chlorure de potassium que la végétation est la plus ralentie et la plus mauvaise ; elle l’est moins dans le sulfate de potasse.

Si nous examinons les bouleaux poussés dans le sol pldtré, nous constatons des tiges très vigoureuses, couvertes de

Fig. 22. — Cime de jeune bouleau,

amené à fruit par les engrais potassiques.

Expérience commencée le 21 novembre 1905.

nombreuses lenticelles, portant toutes les marques d’une vie active,

Si nous observons les bouleaux du cA/orure de potassium, nous voyons des tiges peu vigoureuses, couvertes de lichens à leur base, et dont quelques-unes se sont déjà mises à fruits.

Dans le sulfate de chaux :

Les dimensions d’une tige moyenne de bouleau sont :

Hauteur de la tige — 2 m. 20 ; circonférence de base =. 0 m. 10 ; circonférence moyenne — 0 m. 05.

Dans le chlorure de potassium :

Hauteur de la tige — 1 m. 09; circonférence de base — 0 m. 05 ; circonférence moyenne — 0 m. 025.

La tige, dans le sel potassique, a donc des dimensions moitié moindres que dans le sel calcique.

Les tiges des jeunes chênes pédonculés ont dans le su/fate de chaux :

Hauteur — 0 m. 60; circonférence de base — 9 m. 065 ;

circonférence moyenne — 0 m. 0325.

Dans le chlorure de potassium :

Hauteur — 0 m. 30; circonférence de base — 0 m. 032 ; circonférence moyenne — 0 m. 016.

Nous voyons donc pour les chênes les mêmes proportions remarquables que pour les bouleaux: le sel potassique est un ralentisseur de la végétation, qui diminue les dimensions moyennes de la tige dans la proportion de moitié.

Est-ce à dire que les sels potassiques doivent être systématiquement rejetés de la culture forestière ? Les faits de mise à fruits, que nous avons observés sur des bouleaux si jeunes, nous indiquent le contraire ; les sels potassiques pourront être extrêmement précieux à employer toutes les fois que l’on cherchera, dans un peuplement forestier, une coupe d’ensemencement à une époque déterminée ; de nos

observations tout permet de déduire qu’on pourra mettre à fruits à l’aide d’une forte dose de sulfate ou de chlorure de

potassium.

A B Fig. 23. — Chênes pédonculés de 3 ans.

Un groupe (A) en sol additionné de plâtre et un groupe (B) en sol additionné de chlorure de potassium. Terre de jardin. :

Expérience du 21 novembre 1905 au 7 octobre 1907. Si, après la période de végétation, on observe les poids secs de la récolte, on trouve :

Tige de bouleau, traité au plâtre ou au superphosphate — 610 grammes avec les branches, 310 grammes sans les branches. Tige de bouleau, traité aux sels potassiques — 325 grammes avec

les branches, 165 grammes sans les branches.

lé EXPÉRIENCES EN TERRAIN NATUREL 123

be A La La \d La A

Tige de chêne pédonculé, traité au plâtre ou au superphosphate — 30 grammes avec les branches, 15 grammes sans les branches.

Tige de chêne pédonculé, traité aux sels potassiques = 16 gram-

mes avec les branches, 8 grammes sans les branches.

Les sels potassiques ont donc diminué les poids secs de moitié environ.

Fig. 24. — Bouleaux de trois ans.

L’un (A) en sol de jardin additionné de plâtre, l’autre (B) en sol de jardin additionné de chlorure de potassium. Influence comparative des milieux calcique et potassique. Expérience du 21 novembre 1905 au 7 octobre 1907.

. En 1908, l'expérience continue sur ces grandes planches de 10 mètres carrés, jusqu’au 10 novembre.

pa

Le 9 mai on remet 2 kilogrammes d'engrais par planche, soit 2.000 kilogrammes à l’hectare.

On a recépé quelques chênes et quelques bouleaux pour observer les rejets, et repiqué quelques sapins pectinés. 1

Le sulfate de calcium produit une végétation remarquable chez les résineux et chez les feuillus, avec des rejets très vigoureux sur les tiges feuillues recépées.

Il en est de même du superphosphate.

Le fumier de cheval et les scories ont donné de bons résultats ; à noter cependant un sapin pectiné dont les feuilles ont pâli, dans la planche des scories, fait probablement dû à la chaux de ces dernières.

La chaux favorise beaucoup la végétation des feuillus, spécialement les rejets de tiges ; chez les résineux, notamment chez les pins maritimes, son action a été favorable ; il faut excepter cependant les sapins pectinés, dont les feuilles ont pris une teinte jaunâtre.

Le {émoin est en assez bon état de végétation; cependant les pins maritimes sont moins élevés que dans les engrais indiqués précédemment ; il en est de même des autres essences.

Le sang, le nitrate de soude et le sulfate d'ammoniaque, ont laissé pousser d'assez beaux rejets, mais ont confirmé, pour le reste, les résultats déjà acquis.

Le sulfate de fer, sur les plants qui avancent en âge, possède une action favorable.

Les engrais polassiques (chlorure de potassium, sulfate de potasse, cendres, kaïnite) sont toxiques ; il faut noter toutefois que les trois derniers corps n’ont pas empêché une production assez vigoureuse de rejets de chênes et de bouleaux ; le chlorure de potassium est le composé /e plus nuisible aux végétaux ligneux.

Il est intéressant, particulièrement pour le bouleau, de comparer les dimensions produites par Îles composés calci-

ques à celles qui sont données par les composés potassiques, à la fin de 1908.

Moyenne des tiges de bouleaux

om”

[l Dans les composés | Dans les composés calciques potassiques Hauteur . RE CRE TE 3250 1295 Circonférence de base . . . 0140 0084 Circonférence médiane. . . 0070 02039

Nous observons encore que les tiges provenant des engrais potassiques sont couvertes de.lichens et présentent peu de lenticelles, tandis que les tiges des engrais calciques sont parfaitement saines, possèdent de nombreuses lenticelles et indiquent une intensité vitale bien supérieure.

Chêne pédonculé, Bouleau, Aune, Sapin, Pinsylvestre

Quercus pedunculata Betula alba Alnus Abies Pinus sylvestris glutinosa pectinata

Expérience du 18 avril 1906

Le dispositif consistant en quinze carrés de 1 mètre carré, tracés à 1 mètre les uns des autres, sur deux longues planches parallèles, est identique à celui de l'expérience de semis du 17 avril 1906.

Comme dans cette dernière expérience, les carrés d’une

des deux planches reçoivent 1 kilogramme d'engrais, les carrés de l’autre 200 grammes seulement.

Le 18 avril,on procède au repiquage des chênes, bouleaux, aunes, pins sylvestres, sapins, (semis de l’année précédente), et au recépage de quelques chènes et bouleaux dans chaque carré, afin d'étudier l'influence des engrais sur les rejets de tige.

Ces engrais sont les mêmes que ceux de l’expérience de semis du 17 avril 1906.

Au 10 juillet 1906, la végétation est excellente dans les carrés du sulfate de chaux; les chênes et bouleaux recépés au collet ont fourni de beaux rejets.

Le superphosphate, les scories, le fumier de cheval ont donné de très bons résultats ; les témoins sont inférieurs.

La chaux à favorisé les feuillus plus que les résineux.

Pour le sulfate de fer, même remarque que pour les semis : il est surtout dangereux à forte dose.

Les sels de potassium, de sodium, d’ammonium, les cendres, le sang sont nuisibles.

L'examen au 3 octobre 1906 confirme ces résultats :

Le sulfate de chaux et le superphosphate apparaissent comme les meilleurs engrais;les scories, la chaux, le fumier viennent en seconde ligne.

Le sulfate de fer à dose faible à plutôt favorisé la végétation.

Le chlorure de potassium et le nitrate de soude sont les corps les plus nuisibles.

Chêne pédonculé, Sapin, Pin sylvestre Quercus pedunculata Abies Pinus sylvestris pectinata

Pin maritime, Pin noir

P. maritima P. austriaca Expérience du 18 avril 1907

Dans un terrain non fumé antérieurement, on trace deux grandes planches parallèles de 1 mètre de largeur, distantes de 1 mètre l’une de l’autre. Dans chacune de ces planches on dessine 15 carrés de 1 mètre carré, placés à À mètre les uns des autres.

Les carrés de l’une des planches reçoivent 200 grammes, les carrés de l’autre 1.000 grammes des divers engrais, sauf le fumier mis aux doses respectives de 2 et # kilogrammes.

Dans chaque planche les carrés sont ainsi numérotés :

N° 1. Fumier de cheval :

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