‹ Action du Cobalt sur l’Organisme des VertébrésChapitre 9 sur 28 · SAT SE MAUR PART COPA ENMEES ET · texte numérisé non relu

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TOXICITÉ - FIXATION - ÉLIMINATION

Si les toxicologues ont depuis toujours parlé du cobalt dans leurs traités, ils ne l’ont fait que pour rapporter des intoxications expérimentalés intéressant différents animaux. On ne trouve chez aucun d’entre eux de cas relatif à l’homme. |

Les auteurs qui ont publié des travaux sur le cobalt ont d’ailleurs tous noté son manque de nocivité; YosipA (13) dit même qu’à sa connaissance il n’existe aucun cas d'intoxication professionnelle chez les ouvriers manipulant ce métal. En cherchant bien, nous avons cependant trouvé trois titres de travaux relatant des cas d'intoxication par le cobalt. A notre grand regret, nous n’avons pu consulter ces publications déjà très anciennes et, in extenso, introuvables. Les trois observations, celles de BucHHoLrz (15), Hurp (16) et Evans (17), concernent des empoisonnements réalisés à l’aide d’une pâte toxique « tue-mouche » composée de différents sels de cobalt.

Les individus se sont intoxiqués soit en manipulant, soit en préparant cette pâte; un cas au moins s’est terminé par la mort, c’est celui de HuRD, qui intitule son article : « Un cas d’empoisonnement par le cobalt : mort ». Nous regrettons de ne pas connaître les symptômes qui ont précédé cette terminaison fatale, car ils auraient pu nous éclairer sur le véritable agent de l’intoxication. Peut-on, en effet, affirmer que le cobalt est en cause dans ces empoisonnements ? Il ne le semble pas.

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Au moment où les auteurs précités publiaient leurs observations, on pouvait en lire d’autres relatant des cas d’empoisonnement dus à la même substance, mais où lintoxication était cette fois attribuée à l’arsenic. Cette interprétation est à notre avis également bonne pour les trois cas. En effet le cobalt se rencontre à l’état natif sous forme d’arseniure, la smaltine, ou de sulfoarseniure, le cobalt gris. Pendant plus d’un siècle, on n’a su obtenir que très difficilement du cobalt libre d’arsenic. Cet élément pouvait se rencontrer dans les sels de cobalt grossièrement préparés à des doses susceptibles de déterminer rapidement des accidents. Nous trouvons trace de cette considération chez quelques auteurs de l’époque héroïque; ainsi SIEGEN (5) a longtemps pensé que l’activité pharmocodynamique des sels de cobalt était due à l’arsenic qu’ils contenaient, ne se rendant à l’évidence qu’après s’être servi de sels rigoureusement purifiés.

De même FÉJER, d’après AzZARY (6), décrit en 1870 un malaise particulier aux ouvriers des mines de cobalt qu'il attribue aux impuretés arsenicales du minerai. En sens inverse, certains dentistes anglo-saxons, dont FULLERTON (18), qui employaient l’arseniure de cobalt pour dévitaliser les racines, pensaient que les accidents inhérents à cette méthode étaient dus au cobalt. On sait depuis que seul l’arsenic peut provoquer les névrites, paralysies ou nécroses observées lors de l’emploi de ce composé. Tous ces faits montrent que nous ne pouvons relever contre le cobalt aucun grief pathogène sérieux. La seule maladie professionnelle qu’il détermine est celle qui a été étudiée par HERTUNG et HESssE (). L’inhalation prolongée de poussières irritantes de cobalt

(1) D’après A. LUMIÈRE. — Le Cancer maladie des cicatrices, page 25. Masson, 1929.

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arsenical cause une affection néoplasique du poumon particulière aux mineurs de Schneeberg. Cette affection est plutôt imputable à l’irritation et au traumatisme répétés, car sa longue évolution (au moins vingt ans de séjour dans la mine) écarte l’idée d’une intoxication immédiate.

Rares sont les auteurs qui ont recherché systématiquement les doses mortelles pour les animaux sur lesquels ils travaillaient. Comme, de plus, on ne trouve que peu de concordance entre les chiffres de plusieurs auteurs intéressant la même espèce animale, il nous a semblé superflu de les rapporter ici complètement. Nous nous contentons de donner la statistique de STUART (7) qui permettra d'établir une comparaison suffisante entre la sensibilité de quelques vertébrés. Ces chiffres concernent l’oxyde de cobalt; ils expriment en gramme la quantité de cobalt mortelle pour 1 kilogramme d'animal. Nous y avons ajouté nos résultats obtenus sur les poissons et l’hamster, avec du chlorure cette fois.

Gobayes:..:0,20 Lapin . 1: 0,06: Chien ::.::. 0,05 Pipeonte-cer044 Chat. :5.221 0,06 Hamster .... 0,40 Grenouille... 0,56 Rat ....... 0,18 Poissons .... 0,30

Les divergences qu’on observe dans les résultats des différents chercheurs viennent de ce que la toxicité du cobalt est facteur de trois causes principales :

1° Les chiffres se rapportent à des doses qui ont été mortelles soit en une, soit en plusieurs administrations. Ils ne peuvent évidemment pas concorder car l'organisme s’accoutume : une dose qui serait mortelle si on la donnait d'emblée à l’animal, ne l’est plus si on la fait précéder de doses plus faibles. Nous. avons véri-

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