‹ Action Pharmacodynamique Variable des Sels d'Alcaloïdes Suivant la Nature de l'Acide SalifiantChapitre 25 sur 35 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ESSAIS CLINIQUES UTILISANT LES SELS ORGANIQUES D’ANESTHÉSIQUES LOCAUX ET DE MORPHINE

L'intérêt de l'étude des propriétés pharmacologiques et physico-chimiques des différents sels alcaloïdiques que nous venons d'exposer est sanctionné par l’application de ces nouveaux corps à la clinique.

L'étude clinique fut entreprise d’abord dans divers services hospitaliers où le contrôle des différences d’action est plus facilement réalisable, puis la mise au point industrielle des solutions nouvelles permit rapidement une application généralisée. Actuellement, l’utilisation des différents sels est passée dans la pratique courante de la médecine journalière.

Les essais cliniques furent effectués, d’une part, sur les sels d’anesthésiques locaux, d'autre part, sur les sels de morphine. |

I) Essais eliniques des sels d’anesthésiques Iccaux.

Parmi les différents sels étudiés, un choix fut fait pour trouver ceux qui peuvent présenter en même temps les qualités suivantes : bonne activité anesthésique, conservation de cette activité après chauflage et vieillissement, faible toxicité, absence de pouvoir irritant sur les tissus, bonne solubilité dans l’eau.

J. Régnier à été ainsi amené à choisir pour l’utilisation clinique : le phénylpropionate B et l’isobutyrate de paraaminobenzoyldiéthylaminoéthanol, réservant de préférence le second pour les utilisations ophtalmologiques en raison du fait que son application sur l’œil ne produit aucune irritation locale.

Rappelons que le phénylpropionate se montre 18 fois plus actif que la novocaïne ordinaire avant stérilisation. Après stérilisation et vieillissement, la différence est encore plus grande, puisque la novocaïne ordinaire s’altère facilement au chauffage et au vieillissement. J. Regnier avait pensé en outre que le phénylpropionate serait susceptible de donner de bons résultats en injection intra-rachidienne en présence du liquide céphalo-rachidien, peu chargé en albumine et peu chargé en sels.

De son côté, l’isobutyrate de paraaminobenzoydiéthylaminoéthanol présente une activité égale à 18 fois, puis à 14 fois, celle de la novocaïne ordinaire avant et après stérilisation. Sa conservation au vieillissement est également bonne.

La toxicité de ces deux sels étant très sensiblement la même que celle de la novocaïne, l'augmentation du pouvoir anesthésique est donc obtenue sans augmentation du pouvoir toxique.

Les solutions préparées pour l’utilisation clinique sont les suivantes :

a) Pour le phénylpropionate B de paraaminobenzoyldiéthylaminoéthanol :

— des solutions aqueuses à 0,50 % pour les injections dans les tissus,

5 % pour les injections intra-rachidiennes,

15 et 25 %, pour les anesthésies par badigeonnage des voies respiratoires.

— une solution visqueuse destinée à remplacer le mélange de Bonain contenant pour 10 grammes : 3,33 de phénylpro-

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