TOO
jectés par fractions de 1 millimètre cube toutes les 30secondes.
Environ 1/2 heure après la première injection, le malade devient peu à peu indifférent et tombe dans une somnolence rappelant le sommeil physiologique ; parfois, la 2e injection ne semble pas perçue par le malade. Peu à peu, la narcose se complète et l’examen du sujet montre le facies rosé, une respiration ralentie mais régulière, un pouls bien frappé mais accéléré allant jusque 120 à la minute. Le malade peut, au contraire, rester conscient mais demeure généralement insensible.
Au point de vue opératoire, le malade ne pousse pas, l'hémostase ne présente aucune difficulté et la tension artérielle est légèrement augmentée.
L'emploi du mélange présente également de grands avantages au point de vue post-opératoire, les complications pulmonaires étant moins à craindre, les vomissements étant tout à fait exceptionnels ; l’anurie, si elle se présente, n’est que transitoire et la tension artérielle retombe à la normale dans les deux heures qui suivent l’intervention. Quelquefois, au cours de l’intervention, quelques réflexes douloureux se manifestent, mais ils sont en général d’origine médullaire, le psychisme n’étant pas atteint, car le sujet ne se souvient pas de cet incident à son réveil qui a lieu progressivement dans un laps de temps variant de 2 à 5 heures après l'intervention.
J. Bruneau préconise et met en évidence les avantages des associations du mélange Morphine-Scopolamine-Ephédrine avec l’anesthésie locale, l’anesthésie générale et la rachianesthésie. Outre son peu de toxicité, l’injection du mélange des trois alcaloïdes dissipe l’angoisse et l’inquiétude du malade avant l'opération, permet une plus large application de l’anesthésie locale ou une diminution très importante de la dose d’anesthésique général. Les suites de la rachianesthésie sont améliorées par la présence d’éphédrine combat-
Re bat
tant l’hypotension et l’opéré, sous l’action des sédatifs, reste somnolent, ne se plaignant pas de céphalée. Les inconvénients semblent surtout dus à la variation de susceptibilités individuelles ne permettant pas un dosage uniforme et pré-établi. Il y a plus d’insuccès par dose insuflisante que d'accidents par excès.
Enfin, pour la chirurgie de guerre, l’anesthésie obtenue, en relevant la tension artérielle doit rendre de grands services pour les blessés shockés. Elle a été proposée avec anesthésie locale complémentaire comme une des rares méthodes applicables aux blessés gazés.