XVI INTRODUCTION
si bien qu'on voit derechef la mine sauter avant l'arrivée de Marie Stuart et le gentilhomme qui conduit la reine à la mort reprendre le nom de Salsbery. D'autre part il est difficile, en raison même des nombreuses coupures et retouches faites par ces éditeurs, de retrouver la filiation de leur texte. Cependant il est infiniment probable qu'ils ont dû suivre A' ou A', à en juger par des rencontres tout à fait typiques (1. 506, 601, 834, 860 et surtout 518). Je serais même tenté de croire qu'ils ont suivi de préférence A*, comme tendraient à le prouver les variantes des lignes 434 et 453.
II. En Parlement, après les Barricades. — Au lendemain de la journée des Barricades, Henri III, laissant Paris aux mains des Ligueurs, s'était enfui à Chartres (13 mai 1588). Le 14 au matin, le Parlement se réunit pour délibérer sur la situation. Il décida d'envoyer au roi une députation chargée de protester de sa fidélité.
Il semble, à première vue, que Du Vair ait prononcé son discours le 14 mai, puisqu'il y approuve la démarche projetée auprès du roi. Mais Du Vair n'y fait qu'une rapide allusion à cette démarche, et c'est un tout autre sujet qu'il traite. Il demande par exemple qu'on prie le roi de ne pas revenir sur sa promesse de convoquer les États Généraux, — or cette promesse ne semble pas avoir été antérieure au 22 mai. Il repousse la proposition faite au Parlement par le duc de Guise et le cardinal de Bourbon de s'unir à la Ville, c'est-à-dire de faire cause commune avec la Ligue, — or il semble acquis que le cardinal de Bourbon ne se trouvait pas à Paris avant le 16 mai.
On comprend par suite que Du Vair u'ait pas fixé la date précise de son discours. Peut-être a-t-il fondu ensemble deux harangues, l'une du 14 tuai, sur la nécessité de faire acte de soumission au roi, l'autre, sensiblement postérieure, sur la réunion des États et la conclusion d'un accord entre le roi et la Ligue. En tout cas, son discours ne fut jamais prononcé sous la forme qu'il a ici. Ce qui achève de le prouver, c'est que Du Vair le résuma lui-même plus tard dans les Anecdotes en des termes qui