INTRODUCTION XV
D'autre part A', imprimé en caractères plus forts, compte 67 pages, plus 5 pages non chiffrées. Or, ici encore, la quatrième, qui devrait porter le numéro 71, porte le numéro 48. Il est à noter d'ailleurs que cette page renferme, avec quelques variantes d'orthographe, les mêmes pièces que la page correspondante de A. Ce détail de pagination ', qui peut s'expliquer par une erreur dans A, mais qui ne peut pas s'expliquer du tout dans A', semble indiquer que Bichon a dû reproduire, avec corrections parfois, parfois servilement, l'édition anonyme dont je donne à mon tour le texte ».
L'oraison funèbre n'ayant pas figuré avant 1625 parmi les oeuvres de Du Vair, la lettre B, représentant l'édition de 1606, ne figure pas dans l'appareil critique.
L'édition de 1625 semble avoir suivi A'. En tout cas, elle eu reproduit toutes les corrections de fait ; elle en reproduit même une étrange inadvertance : cierges funérailles (1. 861). D'une façon générale, on peut dire que c'est la première fois qu'un imprimeur a vu dans l'oraison funèbrç autre chose qu'une oeuvre de circonstance, si Ton en juge par le soin intelligent avec lequel ont été corrigés les non sens de ponctuation ou autres des éditions antérieures.
Il n'y a pas lieu de s'arrêter à l'affirmation des éditeurs de 1641, prétendant s'autoriser du manuscrit même de Du Vair. Parmi les retouches tendancieuses qu'ils ont fait subir à son texte, il en est de si absurdes que le doute n'est pas permis. Ils sont si loin de reproduire un manuscrit de l'auteur qu'on pourrait presque dire laquelle des quatre éditions de 1588 ils ont prise pour modèle. D'abord, par une conséquence inattendue et amusante, du fait qu'ils veulent discréditer le texte de j 62 5, ils se voient entraînés à ne pas utiliser les excellentes corrections qui le distinguaient, et qui distinguaient, avant lui, celui de Fleysben ;
1. Je me suis assuré que dans les deux éditions les feuillets non chiffrés où figurent ces morceaux détachés n'ont pas été ajoutés après coup et qu'ils ne sont pas montés sur onglet. Ils font partie de la feuille même où se trouve la fin de l'oraison funèbre.
2. Qui sait même si cette édition anonyme ne ferait pas, elle aussi, de Bichon ? Les deux pages de titre sont identiques, sauf que, comme on l'a vu plus haut, le caractère de A est un peu plus serré.