‹ Actions et traictez oratoiresChapitre 16 sur 103 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

Ainsi A, A' et A* se resscmblenl entre eux et diffèrent entre eux sans qu'il soit possible de trouver la loi de ces divergences et de ces concordances. Aussi est-il permis de penser qu'on a vraisemblablement pris du discours de Du Vair au moins trois copies manuscrites, sur lesquelles ont été faites séparément, avec plus ou moins de fautes de lecture et d'impression, les éditions de Lyon, de Paris et de Rouen '.

Une conclusion si négative n'est pas faite pour faciliter le choix entre ces trois textes. Pas un sans doute n'a été corrigé par Du Vair ni imprimé sous ses yeux. D'autre part, tous trois sont de 1597. Pourtant l'édition de Lyon m'a semblé mériter la préférence.

Notons d'abord qu'elle assigne à la remontrance une date plus exacte que les autres. Le discours de Du Vair a été prononcé le 23 janvier 1597 d'après A% en 1596 d'après A\ le 23 décembre 1596 d'après A. Or Du Vair, si l'on en croit Nostradamus, était arrivé à Aix le 14 décembre. Le 19 il y faisait enregistrer par le Parlement l'édit qui constituait une Chambre de justice à Marseille. Le lendemain il gagnait cette ville, accompagné de la délégation qui devait y siéger avec lui et il renouvelait la municipalité de Marseille le jeudi 26 décembre =. Doit-on penser que c'est l'éditeur de Lyon qui se trompe en donnant la date du 23, ou Nostradamus en donnant celle du 26 ? ou encore que trois jours se seraient écoulés entre le discours de Du Vair et les élections municipales ? Ce qui importe, c'est que la remontrance a été sûrement prononcée fin décembre. Or la permission accordée au libraire Soubron est du 8 janvier 1597. Le rapprochement des

1. Cette hypothèse semble confirmée par les variantes des 1. 185-6 et 24^, par le fait que A^ substitue assez fréquemmment le à ce (1. 457); peut-être même expliquerait-elle l'étrange rencontre de A' et A^ présentant l'un et l'autre lieux pour liens (1. 183).

2. C'est ainsi du moins que je crois devoir interpréter l'amphigourique Nostradamus : « Sur le déclin du mois, qui se rencontra le jour dédié à Jupiter du prothomartyr Estienne et à la seconde feste de la Nativité du Fils de Dieu, en leur présence (de Du Vair et de ses collègues) Testât consulaire fut renouvelle par les façons anciennes et légitimes. » Hist. et chronique de Provence, Lyon, 1614, in-fol. p. 1040-1. On ne trouve aucun renseignement précis dans Gauffridi, Hist. de Provence, II, p. 855, ni dans Honoré Bouche, Hist. chronologique de Provence, II, p. 825.

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