INTRODUCTION XXIII
deux dates autorise à penser que les imprimeurs de Paris et surtout de Rouen n'ont vraisemblablement pas pu devancer celui de Lyon pour l'impression du discours de Marseille. A ce compte, le texte de Lyon serait sinon le plus authentique, — il est impossible de l'affirmer, — tout au moins le plus ancien.
Il est vrai que cette supériorité est de médiocre importance, si les trois éditions ont été imprimées d'après trois copies séparées du même texte. Celle de Lyon semble cependant mériter un peu plus de confiance que les deux autres, du fait qu'elle assigne à la remontrance une date plus exacte, du fait aussi qu'elle est publiée avec permission.
X. Sovimaire des harangues faites en Parlement le i s juin i)S6. — En 1)86, Henri III, s'étant rapproché de la Ligue, se trouvait par le fait même dans la nécessité de préparer la guerre contre les protestants. Afin de se procurer l'argent nécessaire, il imagina de créer de nouvelles charges de judicature pour les vendre à beaux deniers comptants. Il voulait aussi que chaque membre des cours souveraines achetât l'hérédité de son office moyennant versement de la moitié de sa valeur. Longtemps le Parlement refusa d'enregistrer ces édits. Il fallut que le roi tint son lit de justice (15 juin 1586) pour triompher de cette résistance.
Du Vair reproduisit à sa manière et publia ou laissa publier sous le titre suivant les discours prononcés dans cette mémorable séance : Harengtie faite par le Roy estant en son conseil le sai:(iesvie de juin à la publication de 26 Edicts. En ce compris celle de Mons^ le Clxincelier, celle de Afo/W le Premier Président et celle de Mons'' du Plessis '. A Paris. Jouxte la copie imprimée à Lvon par Jean de Tourne. 1586. (B. N. Lb34 295.)
Du Vair en usa sans doute assez librement avec le texte des discours qu'il rapporta, mais les libertés qu'il prit avec celui du Premier Président furent si graves et d'une portée politique telle que le vieux magistrat, désireux de dégager sa responsabilité, a
I. Ce titre renferme deux grosses erreurs : les harangues furent prononcées en Parlement et non en Conseil du Roi, et la dernière des quatre est du Procureur Général Jacques Faye d'Espeisses, non de M. du Plessis.