‹ Actions et traictez oratoiresChapitre 25 sur 103 · ayant chacun D — 142. en une guerre C D · texte numérisé non relu

ayant chacun D — 142. en une guerre C D

un peuple en fureur, tout désespéré, qui, ne jouissant plus de son revenu, ny de ses rentes, ny de ses fermes, et ayant perdu la commodité du commerce et le proffit journallier de son mestier, bref tous moyens de vivre, nourry parmy la

150 licence des armes, jettera incontinent, comme un homme enragé, les mains sur ceux que Ion luy présentera, ou qu'il trouvera devant luy, puis courra après ceux qui s'enfuiront, et enfin, ne trouvant plus personne à qui faire querelle, se battra luy-mesme la teste contre les murailles, se deffigu-

155 rera etdeschirera soy-mesme. Que personne ne se flatte ou se trompe en la faveur qu'il a receu aujourd'huy du peuple, que nul n'espère lors estre exempt de sa fureur ; ceux qu'il aura le plus chery etsuivy seront ceux sur lesquels il escumeraplus furieusement sa rage, comme sur la cause

160 de ses maux. Si cela advient, que sera-ce, sinon les souhaits de nos ennemis ? Nous parlons d'extirper l'heresie ; ne seroit-ce pas combattre pour elle que de nous entretuer ainsi misérablement? Toutes noz divisions et noz discordes, ne seront-ce pas autant de victoires à noz adver-

165 saires ? C'est à quoy, ce me semble, nous devons pourvoir maintenant, et veiller à estoufl:'er cette funeste division qui commence à germer entre nous, et l'arracher de noz cœurs avant qu'elle y ait pris plus avant racine. A cela je croy que ceste compagnie peut plus que tous

170 ceux qui s'en sont jusques aujourd'huy entremis, comme celle qui es affaires publiques n'apporte autre passion que le désir du repos du peuple et de la conserv^ation de l'authorité du Prince, dont dépend le salut public. Comme nous avons l'obligation tres-estroicte au service du Roy,

175 aussi avons-nous une naturelle et charitable affection à la conservation de nostre ville et de noz concitoyens ; ce

Page 1