a partir B — 472. gagné D — 477. traistres C D
qui est estably en la Bretagne, que le Roy d'Espagne ne prétend pas de cette heure, mais, du vivant mesmes du deâunct Roy Henry troisiesme, il a faict disputer ses droicts par les universitez d'Espagne et dresser ses preten-
495 tiens. Chacun sçait de combien elle luy importe, et pour l'Angleterre et pour le pays bas. Luy penseroit-on faire quitter un droit qu'il estime certain, pour un titre imaginaire? Or, quand ces Seigneurs-la penseroient de leur \'ivant se garantir des entreprises de l'estranger, ne voyent-
500 ils pas bien que leurs enfans demeurans jeunes ne s'en sçauroient sauver, et qu'il faudra qu'ils quittent la place ? Les actions des Princes ne sont pas terminées en leurs personnes, mais quasi toutes dressées à leur postérité, pour le bien et grandeur de laquelle ils estiment leur vie
505 et leur sang bien employez.
Mais passons par-dessus toUtes ces considérations particulières, et voyons si, quand chacun se resoudroit de se perdre pour accroistre le Roy d'Espagne, s'il a moyen de conserver le gênerai de l'Estat et la religion. Nous
510 sommes tous d'accord qu'il ne le peut faire que par la guerre, et en exterminant le party contraire. Voila desja une funeste et piteuse proposition, que nous attendions nostre bien de la ruine de tant de Noblesse Françoise, de tant d'anciennes familles, par les prises et ravages de tant
515 de belles et puissantes villes, où nous sçavons qu'une infinité de bons catholiques sont retenus par force avec leurs femmes et enfans. Mais quels moyens a-il de le faire? sera-il plus puissant pourconquerir la France qu'il n'a esté depuis vingt ans pour reconquérir les pays-bas ?
)2o Cestoit son pays, son patrimoine, ses vassaux, ses officiers, accoustumez à son joug, à ses loix : tant s'en faut