qu'il a establis D
qu'au contraire et sa prudence l'a tousjours rejettée et sa modération l'a monstre tousjours alliené de cela ; ses
925 parolles, ses efFects l'ont trop souvent et en public et en particulier tesmoigné. Aussi seroit-ce le souhait de ses ennemis, la ruine de sa maison, et la misère du Royaume.
Premièrement je laisse que ce tiltre de Roy et dedans
930 et dehors ce Royaume non seulement offusqueroit, mais souilleroit l'honneur de ses actions passées, lesquelles on penseroit avoir eu dés le commencement un dessein tel que Ion verroit estre leur fin, et feroit estimer que l'ambition l'auroit porté où Ion avoit pensé que le guidoit la
955 douleur, et le prétexte d'une juste querelle. Bien que la considération de la réputation n'arreste gueres les désirs de ceux à qui on propose des Royaumes, si est-elle fort à pezer à ceux qui ne prennent ;jue des Estats brouillez et à peine à demi conquis. Car l'opinion que Ion conçoit des
940 hommes divertit beaucoup les volontez des peuples et des Princes, en la bienveillance desquels bandent les principaux nerfs qui soustiennent les grands.
Mais je demande, quand Monsieur du Mayne aura ce tiltre de Roy, qu'aura-il davantage que ce qu'il a aujour-
945 d'huy, sinon un nom vain et venteux ? aura-il plus de puissance ? quelle se peut-elle imaginer plus grande que celle qu'il a eue, voire plus grande que jamais Roy ne l'a eue ? n'a-il pas disposé des forces, des villes, des gouvernemens, des offices, des finances, des vies mesmes et
950 des biens des particuliers, ainsi que le bien des affaires luy a conseillé ? Aura-il de nouveaux moyens ? La France aura-elle plus d'hommes ? Se trouvera-il plus de deniers ? Aura-il plus de Princes voisins ses amis et alliez ? Tant