‹ Actions et traictez oratoiresChapitre 48 sur 103 · aliène D — 946. quelle se peut imaginer D · texte numérisé non relu

aliène D — 946. quelle se peut imaginer D

s'en faut, tout cela se diminuera et s'anéantira. Car quant

9)5 à la puissance, celle qui s'establit en un trouble et outre les loix est bien plus grande et plus souveraine que quelconque autre légitime qui puisse estre. La nécessité présente r'appelle lors à la personne du chef l'auctorité qui estoit respanduë par tous les membres. Et ce qui

960 avoit accoustumé de se faire par la reigle des loix ne passe plus qu'à la volonté de celuy qui commande. La crainte du mal public tourne vers soy tous les sens et les pensées des hommes, et les divertit de leur particulier, dont les plaintes ne sont ny ouyesny receuës. Les devoirs

965 des Roys sont grands, les peuples les prennent à garand de tous les maux qui leur arrivent,' et ne se contentent pas seulement de ce qu'ils peuvent, mais ils veulent d'eux tout ce qui leur est nécessaire, et semble que cette qualité les oblige à donner aux peuples tout ce qui leur

970 fait besoin, et que sçavoir régner, c'est tenir les peuples à leur aise et en repos. Jusques aujourd'huy les plaintes des peuples ont esté grandes, mais, quand on les a proposées à M"" du Mayne, il en a esté quitte pour remettre tout aux Estats, et s'excuser que son auctorité

975 n'estoit que commise et non absolue. Quand il y aura un Roy, que respondra-il ? Davantage ce que les peuples ont jusques aujourd'huy si patiemment enduré, c'a esté qu'ils ont enduré pour leur fait, ç'avoient esté eux qui avoient dressé la partie, ils pensoient combatre pour leur

980 liberté, pour leur Religion. Mais faictes monsieur du Mayne Roy, il diront que c'est pour luy qu'ils endurent et pour le maintenir en la Royauté, et plus ils endureront, moins ils l'aymeront ; car la bienveillance ne se conserve que par le bien que nous recevons de la

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