fercnt-ils D — 798-9 recognoistre C
136 SUASION DE l'aRREST
vaillance. Jusques aujourd'huy divisez, comme ils ont esté, entr'eux mesmes, ils se sont tousjours accreuz ; reunis
805 par l'extrémité où nous les jettons, que feront-ils ?
Il ne faut pas penser que le secours des Espagnols puisse estre plus grand que nous l'avons veu. Les grands efforts se font au commencement. Le Roy d'Espagne a perdu ses capitaines, il a espuisé ses trésors ; sa vie
8to mesme se va de jour en jour diminuant. Au contraire nous allons fortifier noz adversaires de toute sorte de faveurs. Car premièrement quelle envie estimons-nous que courra ce Prince esleu parmy les potentats Catholiques ? La réputation, bien qu'imaginaire, de la con-
815 queste d'un tel Royaume par telle voye luy acquerra beaucoup d'ennemis, mais principalement de ceux qui ont interest à la conservation de cet Estât, et qui pensent que d'iceluy dépend leur seureté, comme seul suffisant pour balancer les autres puissances de l'Europe qui desi-
S20 reroient estouffer leurs voisins moins puissans. Davantage, quand l'Angleterre, l'Escosse, le Dannemarc, et autres Protestans, auront veu que le prétexte de la Religion aura servy au Roy d'Espagne pour empiéter, ou aumoins ruiner cet Estât, et que la France luy doibt servir
825 d'un marchepied pour atteindre jusques à eux, ne joindront-ils pas toutes leurs forces, comme en une cause et interest commun ? ne choisiront-ils pas plustost de venir décider leur querelle sur le champ de la France que d'attendre que les armées soient entrées en leur pais ? Si nous
830 venons à succomber soubs telle force, ne perdons-nous pas la religion ? Il n'y a personne, pour si peu judicieux et clair-voyant qu'il soit, qui ne juge à l'œil que, quand il n'arrivera autre mal d'une telle élection, au-moins