INTRODUCTION XIII
il reproduit A en le corrigeant. Ces corrections portent d'ailleurs presque toutes sur les faits, non sur le style. Dans A, A' et A^ on lit que Marie Stuart était la descendante d'environ quatre cents rois Écossais (1. 90), que la maison où Daraley trouva la mort sauta avant que la reine y fût arrivée (1. 270i), que le gentilhomme qui apporta à Marie Stuart l'annonce de son supplice et qui présida à son exécution s'appelait Salseberic ou Salsberic(l. 645), qu'il arriva auprès de la malheureuse reine le 14 janvier et que l'exécution eut lieu le 19 (I. 652-3). Il y a là autant d'erreurs, dont la première prête à sourire par la naïveté de son exagération. Toutes sont rectifiées dans A», et, fait à noter, les quatre dernières, sauf pour le quantième du mois, le sont d'une façon conforme à la vérité historique. — X'est-on pas en droit de penser qu'avec le temps étaient venues d'Angleterre des informations plus exactes sur les derniers moments de Marie Stuart et que l'éditeur de As, d'ailleurs assez indifférent à la valeur littéraire du morceau qu'il publiait, avait soigîieusement rectifié sur tous ces points, et sur ceux-là seulement, les éditions antérieures ?
Autre indice. L'édition de Nafeild, A% offrait au lecteur, en plus du Martyre, 12 pièces latines ou françaises, en prose ou en vers, consacrées à Elisabeth ou à sa viaime et représentant 29 pages. Celle de Fleysben, A', renferme 41 pièces, soit 25 en latin, 1 5 en français, une en italien. N'est-il pas naturel que la collection la plus riche de lamentations ou d'invectives se trouve dans l'édition la plus récente ?
Enfin, si mince que soit le fait suivant, je me hasarde à le signaler. On lit dans A, A' et A* : « Les autres laissent ce soin à leurs successeurs de leur bastir de beaux riches mqnumens... » (1. 886), et ailleurs : « L'on commença accommoder dresser la boucherie et faire dresser un eschaffaut » (1. 679-80). A' corrige : « beaux et riches », « accommoder et dresser ». — Je verrais là une preuve que les trois premières éditions, — tout au moins l'une d'entre elles, suivie ensuite par les autres, — ont été imprimées sur le manuscrit même de Du Vair ou d'après une édition reproduisant le manuscrit. J'ai eu déjà l'occasion de