XIV INTRODUCTION
remarquer ', en étudiant sa correspondance, que Du Vair ne prenait pas, lorsqu'il écrivait, le temps de raturer le mot auquel il renonçait, et qu'il se bornait à ajouter au-dessus ou à côté du terme condamné celui qu'il lui préférait. Aussi le copiste avait-il reproduit l'un et l'autre, sans réfléchir qu'il rétablissait la négligence que l'auteur avait voulu éviter. C'est ce qui a dû se passer ici. Du Vair avait écrit : « L'on commença dresser la boucherie et faire dresser un eschaflfaut. » En relisant, il s'aperçoit de la négligence qui lui a échappé, écrit « accommoder » au-dessus de « dresser », et l'imprimeur conserve scrupuleusement la faute et la retouche. Survient l'éditeur de A'. Celui-ci, n'ayant plus le manuscrit sous les yeux, suppose que les imprimeurs précédents ont sauté la conjonction et et l'ajoute.
Ces différentes raisons m'ont induit à penser que A' est postérieur à A, A' et A>. Reste à faire un choix entre ces trois derniers textes. Au premier abord il apparaît comme hors de doute que A' et A* sont identiques et que l'on pourrait sans grand inconvénient suivre indifféremment le premier ou le second. L'un des deux reproduit l'autre, évitant certaines fautes de celui-ci et en ajoutant de nouvelles qui lui sont propres. Toutefois A' est plus incorrect que A» dans le détail : il porte ce pour se, ou pour où, quelle pour ^mV//«, ou inversement; il présente de nombreuses fautes d'accord, dont il eût été sans intérêt et sans profit d'encombrer l'appareil critique.
Il ne reste en somme en présence que A et A'. Malgré d'assez nombreuses divergences, le seul fait que tous deux offrent, par exemple, prosterité pour postérité (1. 887) suffit à attester leur parenté. Mais la comparaison des deux textes ne permet pas de discerner lequel des deux procède de l'autre. Si le problème paraît cependant résolu, ce n'est que grâce à une particularité de détail tout à fait étrangère à l'œuvre de Du Vair. L'édition A compte 43 pages, plus 5 pages non numérotées. Toutefois, parmi ces dernières, la quatrième porte le numéro 48, alors qu'elle aurait dû être marquée 47, si la pagination avait régulièrement continué.
I. Rev. d'Hisl. littéraire de la France 15 avril 1809, P- 265 et 15 juillet 1899, p. 422.