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HAREKGUE DE M'" LE PREMIER PRESIDENT

cest effaict. Que si ceux qui y doibvent estre proposez avec choix pour leur intégrité, avec certain nombre pour l'ordre auquel seul elle consiste, y sont indifféremment receus au plus off'rant et dernier enchérisseur en telle quantité que ce n'est plus nombre,

165 mais multitude innumerable, ce ne sera plus Justice qu'ils rendront, ce sera desordre, confusion et rume inévitable de vos subjects. Ce que vous appeliez créer offices et ministres de Justice sera mètre les biens et les fortunes de vos subjects à l'enchère. La Justice, qui est le lien du peuple avec le Prince, venant à deffaillir,

i/o la force, qui est l'autre partie de vostre Royaume, ne sçauroit estre de gueres longue durée. Or ce desordre est ja passé si avant et la confubion a desja tellement occupé la place que devoit tenir la Justice, que je ne sçay si j'ose dire qu'il nous en reste ou l'ombre ou l'image. Qir quelle différence y a il de chasser et

175 renvoyer rudement ceux qui demandent la vengeance de leurs injures, la restitution de leurs biens, ou leur tendre tant de pièges, leur donner tant d'empeschements par les chemins qu'ils ne puissent sinon tous perdus et ruinez arriver jusques à vous la demander. Qui est aujourdliuy le plaideur si heureux qui, ayant

180 obtenu un arrest à son proffit, n'ait plus perdu que gaigné et, outre le meilleur de son temps, ne se voye despouillé du meilleur de son bien ? Combien faut il de veilles et de peines pour traverser tant de circuits, pour rachapter ceste misérable Justice, qui est à vray dire comme mise à rançon par tant d'Edicts et nouvelles

18) créations ? De tous ces mal'heurs la (Sire) nous en portons la plus grand part de l'ennuy entre les hommes. Nous les sentons et déplorons comme les autres ; mais c'est vous qui avez à en compter avec Dieu, et en rendre raison à son grand et espouven-

161. c'est A; ceux y A; préposez B C D — 162. et en certain B C D

— 162-5. pour l'ordre... consiste oui. BC D — 16;. innombrable B C D; qu'ils y rendront B C D — 166. .i vos B C D — i~i. estre gueres longue A

— 172. à desja A — 17 j. si je puis dire B C D; qui nous A — I7Î-4. que nous en ayons de reste l'ombre ou l'image seulement B C D — 175. rKiHdr rudement A — 176. leur bien B C D — 177. donner tant d'entorces B C D — 178. arriver orn. A — 178-9. pour vous demander justice B C D — 179. le si heureux plaideur B C D — 180. gagné D — 182. de lilles et de proiinces A — 185. rachepter B C D — 184. comme om. B C D — 185. {de tons ! ses iiuiTheurs (Li Sire). Nous A, De tout ce mal-là. Sire B C D — 186. l'envie B C D ; Nous le B C D — 187. vous principalement B C D — 18S. et à en rendre B C D.

2l6 APPENDICE

table Jugement. C'est pourquoy (Sire) nous manquerions gran

190 dément à l'affection que nous debvons à vostre service et au repOs3 et conservation de vostre pauvre peuple si, selon le povre jugement que Dieu nous a donné, nous ne vous présentions sur ceste occasion ce qui est de vostre charge et du bien de vos povres et affligez subjects.

195 A ceste nostre remonstrance s'oppose la nécessité, qui deust estre longtemps y a morte, si elle estoit humaine, tant y a qu'elle dure entre nous et nous produict ses fruicts prodigieux ; mais nous avons grande occasion de craindre qu'elle soit perdurable ou plustost, entre nous, immortelle, puisque tant de sources

200 fécondes ont esté taries pour l'amortir, et que neantmoins elle vit encores entre nous plus âpre que jamais, brusle et consomme toutes choses. Il y a (Sire) des choses si contraires à la raison que nécessité ne les peut excuser; et quand aux autres, à quoy vous pouviez estre poussé par ceste nécessité, si y devez vous

205 vouloir estre estimé juste et légitime Prince et observer les loix de Testât et du Royaume, qui ne peuvent estre viollées sans révoquer en doubte vostre propre puissance et souveraineté.

Nous avons (Sire) de deux sortes de loix ; les unes sont les loix et ordonnances des Roys, les autres sont les Ordonnances du

210 Royaume, qui sont immuables et inviolables, par lesquelles vous estes monté au throsne Royal et à ceste couronne, qui a esté conservée par vos prédécesseurs jusques à vous. Dieu vous a

190. au devoir que nous avons à vostre service et à l'affection que nous portons au repos B C D — 191-2. ce peu de jugement B CD — 192. à A ; représentions B C D — 193. du devoir de vostre B G D

— 195, ceste cause nostre A ; doist A — 196. estre certainement B G D ; si estoit A ; tant il y a de temps B G D — 198. occasion quelle soit A ; qu'elle nous soit B G D — 199. entre nous om. B G D — 199-200. fécondes sources B G D — 201-2. consume tout B G D — 203. que mille B, que nulle B' G D ; quant B G D; a quoi A — 203-4. ausquelles vous pouvez estre forcé, si B G D — 204-5. si devez-vous, si vous voulez estre B G D — 205. Prince observer B C D — 206. de l'estat du Royaume A ; violki A — 208. (Sire) deux B G D — 208-9. loix et om. B G D — 209. Rois, qui se peuvent changer selon la diversité des temps et des affaires ; les autres B G D — 210. immuables et om. B G D ; et par lesquelles BGD — 211. et a ceste couronne esté B G D

— 212. Dieu vous à A.

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