HARENGUE DE M"" LE PREMIER PRESIDEKT
leur conseille en la paix ; et en la guerre, ils veullent ce à quoy leurs ennemis les contraignent. Nous avons un trop regretable et infortuné tesmoignage d'icelle, ayants ces jours passez, en plaine paix, veu combien vous desirez restituer toutes choses en leur
265 entier et première splendeur. Nous avons veu pour un jour six vingts Edicts revocquez, un nombre d'inutils en la Justice demeurer retranchez et toutes choses avec vostre esprit disposées au service de Dieu et reformation de vostre estât. Une guerre nécessaire vous entretient : l'honneur de Dieu fouUé aux pieds
270 par vos subjects, vostre authorité contemnée vous a mis par force les armes en main. Nous usons maintenant de la condition de la guerre et, voyants vostre volonté forcée à reprendre ce que vous avez tousjours rejette, si ne pouvons nous (Sire), pour nostre particulier, que nous ne vous remercions de ce que [si}] nous [ne}]
275 pouvons éviter cest orage public, au moins vous l'avez diverty et esloigné de nos testes, faisant que nous n'en oyons que le son et n'en apprenons et entendons les effects que par ouy dire, comme par une painture ou une histgire. Tant de maux, tant de calamitez, tant de bruslemens de maisons et viollemens de femmes, de
280 meurdres et assassinais, qui sont ordinairement à la suitte des guerres civiles, sont bannis bien loing de nous.
Quand à ceux qui en sont affligez, vous vous employez maintenant à les en délivrer par une heureuse victoire que vous vous comparez sur vos ennemis. Vous estes contraint certainement de
2bi.en la paix et en A, en la paix et ow . B CD; guerre. Us A — 262 . la nécessité les contraint. B C D — 265 . de cela ; ajsnt B C D;ses jours A — 264. desiriez B C D — 264-5 . ^ leur pristine (ancienne D) splendeur B CD — 266. un nombre de membres inutiles B C D — 267. demeurer oin. B C D;disposex A — 269. vous aacueillyB C D, entretient Vbonneur A — 271. en la main B C D — 272. et voyons B C D ; à recevoir B C D — 275. rejette. Si B C D ; pour vostre B — 274-5. de ce que nous pouvons éviter c est orage A; de ce que cet orage public estant inévitable, au moins B C D — 276. eslongné B; en ayons que le soing A — 277. et entendons om. B C D ; que par ordre A — 277-8. comme par une painture om. B C D — 278. et en forme d'histoire B CD — 278-9. calamitez, tant de misères, tant de bruslemens de maisons, de violemens B C D — 280. meurtres B C D ; assassimats A, et d'assassinats qui soirt continuellement B C D — 282. Quant B C D — 284. préparez sur B C D.
285 VOUS servir de moyens qui sont fort extraordinaires, qui contiennent beaucoup de choses contraires aux anciennes loix de vostre estât. Mais nous, qui sommes tesmoings de vostre nécessité, qui sçavons ce que vous avez faict avant que d'en venir là, pouvons sans beaucoup d'éloquence vous en excuser envers tout
290 le monde. Las ! nous vous voyons en la mesme peine qu'un père charitable qui, voyant son fils affligé d'un estiomene, est long temps à délibérer s'il luy couppera le membre malade pour sauver le reste du corps ; en fin il s'arreste en un conseil qui luy est fort fascheux, mais nécessaire. Mais nous espérons que vous
295 resemblerez tousjours à ce bon père qui, encores qu'il eust commencé à coupper, si est-ce que, quand il arrive à la chair vive, qu'il approche des nerfs et des veines, il retient et s'arreste tout court et se garde, en pensant guarir la playe, de luy augmenter son mal.
300 Soubs l'espérance que nous avons que tant d'Esdicts et ordonnances d'Officiers que vous créés pour en tirer secours vous en userez tenant tousjours la bride à main et ne vous en servant qu'alors que l'extrême nécessité vous contraindra, auctorisez de vostre présence et de vostre volonté, ce que vous avez faict assez
305 clairement entendre, nous consentirons que sur le reply des lettres patentes et Edicts qui ont esté présentement publiez il soit mis qu'ils ont esté leuz, publiez et enregistrez.
285-6. et qui contiennent BC D — 28B. qu'en venir B CD — 290. Car nous vous B C D — 291. d'une gangrené B C D — 292. si luy A — 293. il accepte un conseil B C D — 294. Et nous espérons D — 295. imiterez en tout ce bon père, lequel encor qu'il ait B C D — 297. ou qu'il B C D ; nerfs, il y va retenu, s'arreste B G D — 298. et regarde en luy pour et ne pensant luy augmenter h — 298-9. la playe de l'empirer. BCD — 300. l'espérance, Sire B C D; que de tant B C D — }oo-i. création d'offices que vous faictes BCD — 301-2. secours en une si pressante nécessité, vous en userez avec la modération digne d'un bon, vertueux et charitable Roy, tenant tousjours, comme on dit, la bride en main BCD — 302-3. servant qu'en toute extrémité : authorisez BCD — 304. ce ow. ; assez om. BCD — 505. entendre par vostre propre bouche et celle de Monsieur le Chancelier, nous consentons BCD — 306. patentes en forme d'Edicts BCD; présentement leuës BCD— 306-7. ils soyent mis qu'elles ont esté A — 507. leuës, publiées et enregistrées BCD.
[harangue du premier président achille de harlay'.]
Sire, ayant charge pour la sceance dont il vous a pieu mTionorer en cette compagnie vous faire de sa part submission de son obéissance et entendre aucuns poincts qu'elle estime estre de son debvoirvous représenter, je suppliray humblement vostre majesté croire que mon intention est en ce subject et sera perpétuelle en tout autre de dire chose qui, vous estant agréable, puisse trouver grâce devant vos yeux, pouvant dire avec le Psalmiste que tousjours devant la face de vostre Majesté eructavit cor meum verhim honiim '. Mais je subsisteray sur le surplus de ce qui [48 r°] est escrit au mesme lieu : Dico e^o opéra mea Régi, je dis mes œuvres au'Roy. Car, comme Ulysses député par le conseil des Grecs pour parler à Andromache de la represenution de son fils qu'elle latitoit, entrant au discours de sa légation, disoit : Combien 5 que les parolles que vous entendrez sortent de ma bouche, toutesfois ne les reputez point miennes, mais de ceux qui m'ont chargé venir vers vous ; aussi (Sire) en ce peu que j'ay à représenter à vostre Majesté je vous pourray dire le semblable et supplier treshumblement me faire cet honneur de croire qu'il n'y a rien de mon oeuvre, mais que c'est un recueil sommaire des advis de cette compaignée qui.
1. J'ai rejeté au bas des pages les leçons du manuscrit qui se trouvent cire évidemment fautives. J'y fais figurer de même, à titre de curiosité, certaines leçons du texte imprimé de 1660. Les premières seront reconnaissables à la mention A/s. , les autres à la mention Ed.. — A part une seule exception, j'ai reproduit les alinéas du manuscrit.
2. Les citations latines, imprimées ici en italiques, ne sont pas soulignées dans le manuscrit.
î . On a après coup ajouté à l'encre rouge, en marge de cette ligne :, Ex ore quamvis ver ha ducant meo, non nostra credas.
ayant sceu vostre résolution de venir en ce lieu pour la publication d'aucuns edicts totalement à elle incognus, a ordonné très humbles remonstrances estre faictes à vostre majesté, qu'elle vous supplie recevoir de bonne part avec vostre bénignité accoustumée ; et, bien qu'elle se trouve treshonorée de vous voir séant en vostre lict de Justice, ne peult toutesfois s'abstenir de déplorer les misères et calamitez qui sont cause que, pour apporter secours et commodité à vos affaires, soyez contrainct recourir à des inventions nouvelles dont l'exécution ne s'en peult ensuivir sans beaucoup d'incommodité.
Vous la voyez (Sire) composée de personnages d'honneur et de valeur, aymants leur Roy et désirants le bien de ses affaires. Compagnie qui a tousjours esté et sera ferme et constante à vous rendre en toutte humilité et soubs la crainte de Dieu treshumble et tresfidelle service, n'estants point des desloyales « dont parle l'escriture sainte, et n'ayants jamais eu volonté de fléchir ny courber le genou devant autre que son Roy,
(Sire) nous avons infîniz livres de l'institution, gouvernement et office des Roys, remplys de longs discours qui se résolvent en deux mots, Jiidicareet pitgmre, rendre la Justice à ses subjects et prendre les armes pour leur deffence. Pour l'exécution de ces deux choses ont esté faictes des loix et des ordonnances, mais c'est peu de chose de les faire, si elles ne sont gardées et observées. C'est pourquoy pour les faire garder et entretenir [48 vo] ont esté créés des Officiers et magistrats qui sont les loix et ordonnances qui parlent, comme les mesmesloix et ordonnances ont esté appellées magistrats muets.
En la désignation de nos ordonnances instituées et observées en ce Royaume nous usons de distinction et appelions les unes loix et ordonnances des Roys, les autres du Royaume .
Celles que nous appelions Royales peuvent estre changées par les Roys et n'est pas sans exemple que selon la variété des temps, nécessité ou commodité de leurs affaires, il y aye diversité de loix, parce qu'elles sont mortelles comme les Roys.
a. desloyals (Ms.).