‹ Activités sociales (volume 2)Chapitre 11 sur 51 · L'EXODE RURAL · texte numérisé non relu

L'EXODE RURAL

«n comptons une dizaine — sans parler des villes chinoises ou japonaises. Les voici d'ailleurs, avec les chiffres donnés le plus récemment :

Moscou *. 1.036.000

Philadelphie 1.293.697

Saint-Pétersbourg 1.439.000

Vienne : 1.662.209

Chicago 1.698.575

Berlin 1 .888.326

Paris 2.785.000

New- York et Brooklyn 3.437.202

Londres j . 4.536.063

Ainsi donc, au siècle dernier, les villes ont considérablement augmenté en population. Il est certain que, dans la plupart des cas, cet accroissement n'est pas dû, ou n'est pas dû seulement, à Texcès de la natalité sur la mortalité, mais encore, et surtout, àl'afflux des campagnards vers les centres urbains.

Ce phénomène, d'une incontestable importance pour l'économie rurale, a été très nettement mis en lumière dans un livre récent de M. Emile Vandervelde^ : avec autant de précision que l'on en peut apporter en pareille matière, où les statistiques ne sont guère comparables de pays à pays, le professeur socialiste de l'Université nouvelle de Bruxelles s'est efforcé de rechercher les causes de cet exode , d'en décrire les formes diverses et d'en marquer les conséquences.

Après lui, nous essaierons de noter les données essentielles de cette question qui ne saurait laisser indifférents ceux qui s'intéressent aux problèmes agricoles.

1. U Exode rural et le retour aux champs^ par Emile Vandervelde, professeur à l'UniTersité nouvelle de Bruxelles, Paris, 1903, F. Alcan éditeur {Bibliothèque générale des Sciences sociales).

Il y a un siècle, Adam Smith déclarait que « malgré tout ce qu'on a dit de la légèreté et de Tinconstance de la nature humaine, il paraît évident, par Texpérience, que de tous les bagages possibles, Thomme est le plus difficile à déplacer » . Comment se fait-il dès lors que des milliers et des milliers d'individus abandonnent leurs champs pour venir loger en ville ? La facilité croissante des transports y çst bien pour quelque chose, mais elle ne saurait suffire à expliquer ce mouvement d'émigration des campagnes vers les villes.

Un mouvement de population aussi puissant n'est pas seulement produit par des causes externes : il y faut de profondes et agissantes causes internes.

Ces causes, M. Vandervelde les ramène à quatre principales : la décadence de la propriété paysanne, la suppression des biens communaux, la scission de l'industrie et de l'agriculture, enfin la crise agricole. A ces causes initiales et prépondérantes vient s'ajouter l'action de quantité d'autres facteurs, politiques, économiques et moraux dont nous serions tenté de trouver que l'écrivain belge a quelque peu diminué l'importance ^ Ainsi nous croyons que le service militaire, effectué dans les villes, détourne du travail des champs un bien plu& grand nombre de jeunes gens que ne semble l'admettre l'auteur de V Exode rural. Il nous apparaît aussi que le placement de jeunes paysannes comme domestiques dans les centres urbains — les « alouettes au miroir » du curé d'André Theuriet — a de très fâcheux résultats au point de vue qui nous occupe, sans

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