membres
liesse-Nassau
Westphalie
Hanovre
Schleswig-Holstein. .
Province de Saxe. . .
Brandebourg
î.in
Poméranie
Prusse orientale
Prusse occidentale.. 549 418 216 217 membres
Posnanie 82 81 52 214
Silésie ' 13.913 22.888 22.623 23.547
Hohenzoliern 1.208 1.124 1.087 989
Royaume de Bavière: 14.011 16.280 18.375 23.955
Roy^deWurtemberg 22.521 26.856 27.933 28.$40
Royaume de Saxe .. . 2.636 4.006 3.750 4.519
Grand-Duché de Bade 9.779 15.012 17.353 22.093
Hesse-Darmstadt . . . . 3.133 4.244 4.156 6.082 Duché de Saxe-Wei-
mar 330 399 470 754
Mecklembo urg -
Schwerin 158 224 269 305
Oldembourg 792 2.644 3.997 5.060
Brunschwig 340 340 441 503
Anhalt Néant 115 214 217
Lippe-Detmold 160 200 200 232
Villes de Hambourg,
Brème et Liïbeck . . 1.726 1.893 2.210 2.450
Alsace-Lorraine 5.108 15.830 28.341 34.555
Ces chiffres permettent de se faire une idée de la répartition géographique des forces du Volksverein. Comme il est naturel, c'est dans les régions catholiques, et particulièrement dans la vallée du Rhin, que l'Association populaire a conquis le plus de sympathies actives.
Quand on compare le tableau que nous venons de donner avec les chiffres des dernières élections au
1. On dit souvent que les Congres n'ont aucun résultat. L'exemple de la Silésie en ce qui concerne le Volksverein montre, au contraire. qu'une assemblée bien organisée peut être l'origine d'un mouvement intense. Ainsi, avant 18W, la Silésie comptait à peine 3.000 membres du Volksverein. Après le Congrès de Neiss, en pleine Silésie, nous voyons le chiffre des adhérents s'élever brusquement à plus de 11.000 ; il est aujourd'hui de plus de 23.000.
Reichstag juin 1903 , on constate que les socialistes révolutionnaires ont surtout gagné des voix, et parlois des sièges, dans les contrées où le Volksverein n'a pas encore reçu grande extension.
Le Volksverein est. en effet, le plus redoutable, le plus tenace et le mieux armé des adversaires du collectivisme. C'est pour combattre cette doctrine qu'il a été institué, et l'article premier des statuts rappelle ce but précis. Depuis sa fondation, la grande Association n'a pas perdu de vue ce but que Windthorst assigna à ses efforts.
Par contre, le protestantisme est pour les théories socialistes un merveilleux introducteur. Dans Y Ailemagne religieuse, M. Georges Goyau a mis ce fait en très nette lumière. Voici entre autres choses ce qu'il écrit ' : « ... Les seules circonscriptions de la Prusse rhénane où le socialisme ait pénétré sont celles de Solingen et d'Elberfeld-Barmen, protestantes en grande majorité : la vallée de la Wipper que certains libertins appellent, par une allitération railleuse, la « vallée des bigots », est un fief socialiste; et il en est de même de la ville de Nuremberg... »
Commentant les élections de 1903 pour le Reichstag, Mgr Kannengieser a fait, par le menu détail, semblable démonstration. Nous ne le suivrons pas dans cette démonstration, toutefois nous relèverons trois ou <:uatre des faits significatifs que mentionne l'auteur (1 Etapes en étapes -.
Il constate d'abord que « toutes les grandes villes de l'empire ou les protestants sont en forte majorité sont tombées au pouvoir des socialistes, quelques-
\. Cf. L'Allemagne religieuse, par Georges Goyau (Perrin, éditeur, Paris, 1898), tome i, p. 37 et suiv.
-2. a. D'Étapes en étapes, par M* Kannengieser (Letliielleux, éditeur. Paria . p. ;J6.
unes pour la première fois : Hambourg a élu trois socialistes, Dresde deux, Halle un, Liïbeck un. Brème un, Nuremberg un, Chemnitz un, Stuttgart un, Hanovre un. Munich un. Dans les villes comme Magdebourg, Leipzig, Freiberg, Mannbeim. etc., où ils sont en ballottage, leurs candidats ont une avance énorme sur les autres concurrents. La proportion n'est renversée que dans les centres où la population catholique est en majorité : Cologne, Dùsseldorf, Mayence. »
Mgr Kannengieser établit ensuite que les provinces protestantes ont élu en grand nombre des députés socialistes. « Tout le royaume de Saxe (on sait qu'il est entièrement protestant) est pour ainsi dire converti au socialisme. Des 23 circonscriptions, 18 ont élu des socialistes dès le premier tour... Même spectacle dans le duché de Saxe-Altenbourg, dans les principautés de Schwarzburg-Rudolstadt. de Schwarzburg- Sondershausen, des deux Reuss, de Schaumburg- Lippe. Partout le socialisme a triomphé, même sans ballottage. » Il en est de même, ou à peu près, dans les duchés de Saxe-Coburg-Gotha, de Saxe-Weimar. de Brunschwig.
Aussi, « dans toutes ces forteresses du protestantisme (où les catholiques ne sont tolérés qu'avec de multiples restrictions', les socialistes ont complètement refoulé les autres partis et sont restés maîtres du terrain... On objecte volontiers que la religion n'a rien à voir dans cette situation électorale. Le royaume de Saxe, dit-on. la plupart de ces duchés et de ces principautés sont des pays industriels où le socialisme a beau jeu. Cela est vrai, mais j'ajoute, déclare Mgr Kannengieser, qu'ils ne sont pas plus industriels que la Silésie et les pays rhénans, et néanmoins, dans ces provinces, le socialisme a été tenu presque partout
en respect. Je me trompe, à Elberfeld-Barmen et à Solingen, deux circonscriptions de la province rhénane, les candidats socialistes ont été élus le 16 juin 1903. Mais cette soi-disant exception confirme singulièrement la règle, puisque dans ces villes les protestants sont en immense majorité. Dans les villes voisines — non moins industrielles — de Crefeld et de Miïnchen- Gladbach, les candidats du Centre ont battu les socialistes à plate couture, parce que ces villes sont catholiques. Ainsi l'épreuve, comme la contre-épreuve, tourne également à F avantage du catholicisme ».
De tout ceci, il ressort avec évidence quen Allemagne le protestantisme a plutôt favorisé la diffusion des doctrines socialistes, tandis qu'au contraire le catholicisme, partout où il est la religion dominante, sest victorieusement opposé au développement du collectivisme.
Or, dans cette lutte triomphante du catholicisme contre les révolutionnaires, le Volksverein a été l'agent de résistance et de succès le plus puissant. Il est donc du plus haut intérêt de voir comment l'Association populaire a mené le combat contre les hommes de la Sociale rouge.
C'est d'abord par la parole publique.
Un peu partout, le Volksverein organise des confé rences dans lesquelles des orateurs, sachant parler la langue populaire, viennent dire à un auditoire d'ouvriers et de paysans ce qu'ont déjà réalisé les catholiques allemands en faveur des prolétaires, et, par contre, ce que rêvent les meneurs du socialisme. Chaque année, le Volksver.ein donne en moyenne un millier
de réunions de propagande ' au cours desquelles des gens de toutes les conditions prennent la parole. Il n'est pas nécessaire d'insister sur le bien que peuvent faire pareilles séances, surtout dans les régions où la lutte est particulièrement vive.
Mais les réunions publiques ont un grave défaut : elles n'atteignent qu'un nombre restreint d'individus et surtout elles attirent presque toujours les mêmes auditeurs. Le travailleur rangé, tranquille, bon père de famille, s'abstient le plus souvent d'aller dans les salles « où l'on fait de la politique ». Et cependant, ce travailleur doit être mis en garde contre les spécieuses promesses collectivistes. Mais comment parvenir jusqu'à lui?
S'il ne se rend pas toujours à un Volksversammlung, l'homme du peuple lit volontiers ce qu'on lui donne ou ce qu'il achète, et de plus il le conserve ordinairement ; c'est en s'inspirant de cette constatation que le bureau directeur du Volksverein s'est préoccupé de la propagande par la parole écrite . 11 a organisé avecgrand soin ce mode de conquête, et en ces quelques années, il a répandu dans toute l'Allemagne des millions d'imprimés. Rien que dans la seule année 1903, le Volksverein a distribué treize millions et demi de tracts et brochures de toute espèce 2.
Voyons un peu ce que sont ces imprimés qui sont ainsi répandus à travers tout le pays.
Il y a, en premier lieu, les tracts ou Flugblàtter, de quatre ou huit pages, traitant avec une remarquable
1. Du l" juillet 1902 au 1er juillet 1903, il y a eu 1.353 de ces réunions organisées par le Volksverein.
2. Mais il est juste de noter qu'en l'année 1903 la distribution des imprimés fut extraordinairement abondante. Elle s'explique par le fail que cette année était l'année des élections pour le Reichstag. Aussi voyons-nous, l'année suivante, le chiffre des imprimés distribués baisser de 13 millions et demi à 6.800.000. C'est encore fort beau.
clarté des principales questions à Tordre du jour : ces brochures minuscules ont pour but « de familiariser le peuple avec celles des vérités chrétiennes et sociales qui sont le plus vivement attaquées par le socialisme ». Il en est qui sont de véritables petits chefs-d'œuvre, comme par exemple celle qui a pour titre : Les nouveaux amis des paysans à la cravate rouge *.
Ces quatre feuilles contiennent, « ramassés » avec une vigoureuse concision, tous les arguments qui peuvent détourner du socialisme l'homme des champs : ces sept ou huit cents lignes ont, paraît-il, préservé bien des esprits des chimères collectivistes.
Dans les régions catholiques, pour ne pas effaroucher le public chrétien, les révolutionnaires allemands se faisaient bons apôtres : ils protestaient quand on les accusait d'athéisme ; volontiers, ils se réclamaient du Christ — « le premier des socialistes », disaient-ils — et déclaraient que les questions religieuses regardaient uniquement la conscience d'un chacun. C'était là une tactique habile qui pouvait induire en erreur les âmes simples. Le Volksverein vit le danger, et, pour y parer, il publia une Flugblatt, portant ce titre : Les Pères de l'Eglise sont-ils les précurseurs du socialisme ? Ou bien : Peut-on être à la fois bon catholique et collectiviste 2P Mais ce tract ne fut pas jugé suffisant : quelque temps après, on faisait paraître quatre pages avec cet en-tête : Les socialistes sont-ils ennemis de la religion*?
1. Les socialistes allemands ont adopté la cravate rouge, d'où le titre <l<- la brochure en question. Son titre allemand est le suivant : Die neuen Bauernfreunde mit der roten Krawatten.
-i. Smd die Kirchenvater die Vorlàufer des Socialismus, oder : Kann man ein yuter Katholischer Christ und dabei doch Socialdemokrat sein?