Sind die Socialdcmokralen Fieligionsfe indlich
Avec une exacte notion de ia réalité, les organisateurs et directeurs du Volksverein ont compris que, pour combattre efficacement le socialisme, la critique purement négative ne saurait suffire.
Il y a là une question de méthode d'une haute importance : que de gens, bien intentionnés, se contentent, en effet, de se déclarer simplement des « antisocialistes » — ce qui est forcément assez vague et parfois peut devenir néfaste.
Assurément c'est quelque chose que d'avoir démoli l'échafaudage doctrinal du collectivisme révolutionnaire; mais, si l'on veut faire œuvre durable et vraiment sociale, il faut construire et ne pas se contenter de détruire. C'est pourquoi les membres du Centre allemand ont proposé et soutenu au Reichstag une politique de réforme : ils ont contribué à l'établissement des diverses assurances obligatoires (assurance contre l'invalidité et la vieillesse, contre les accidents, contre la maladie).
Le Volksverein, nous l'avons vu, avait pour but de déjouer les projets du collectivisme; mais les promoteurs de l'Association populaire ont reconnu que l'un des plus sûrs moyens d'atteindre ce résultat était encore de montrer à tous l'inutilité du concours des « hommes à cravate rouge » pour le succès des améliorations sociales. Les catholiques allemands ne pouvaient-ils, en effet, et à juste titre, revendiquer une très grande part dans l'œuvre de protection légale des travailleurs, accomplie par le Parlement? X'avaient-ils pas été très souvent les auteurs principaux de ces mesures? Dans tous les cas, ne les avaient-ils pas très énergiquement soutenues? De là, toute une série de Flugblàtter, de beaucoup la plus nombreuse, à retracer avec précision — nous citons les titres — Ce qu'a fait le Centre pour les artisans, pour les
commerçants, pour les travailleurs, ou bien encore, pour la classe agricole, et cela, soit au Reichstag. soit dans les Landtage de Prusse, de Bavière, du Wurtemberg, de Hesse et du grand-duché de Bade. Dans ces pages, que j'ai là sous les yeux, point de phrases déclamatoires, mais des faits accumulés et dont chacun devient un argument.
Et il ne suffit pas au Volksverein de faire connaître au pays ce que les catholiques du Parlement ont déjà réalisé en matière de législation protectrice du travail et des travailleurs, il s'applique aussi à très nettement établir la nécessité pour ces mêmes catholiques de continuer une politique sociale, résolument réformatrice. Il semble même que le Comité directeur tienne à accentuer cette tendance. Aussi, parmi de récentes Flugblâtter, trouvons-nous un extrait d'un discours du docteur Hitze, l'un des chefs et le théoricien des catholiques sociaux au Reichstag, répondant par une énergique et affirmative déclaration à cette question : La législation protectrice des travailleurs doit-elle être poursuivie { ? C'est la même note, peut-être encore plus accusée, que le docteur Pieper, secrétaire général de l'Association populaire, a fait entendre à l'assemblée de Neisse : « Le plus important des devoirs qui s'impose actuellement au Volksverein, a-t-il dit, c'est la poursuite de la réforme sociale dans l'intérêt des agriculteurs, des artisans et des ouvriers2. »
En lisant pareille déclaration, que vient appuyer, d'ailleurs, une action précise et continue, on comprend que le Centre puisse rallier autour de son drapeau les gros bataillons populaires 3 : les députés ca-