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I. Nous en avons parlé plus haut, cf. p

social. Mais les doctrines pasteuriennes nous révèlent aujourd'hui que c'était là un intérêt mal compris; le christianisme voulait notre bien matériel, en même temps que notre bien moral, lorsqu'il nous interdisait de profiter de l'exploitation de nos frères ouvriers.

Une seconde démonstration sociale, que nous apportent les découvertes de Pasteur et de ses disciples, concerne l'efficacité et la nécessité, en certaines matières, de l'intervention des pouvoirs publics ou, si l'on préfère, du principe d'obligation établi par la loi.

Il y a une école qui voudrait réduire l'État à un simple rôle de police. D'après ces ultra-libéraux, l'initiative privée suffirait à tout. C'est assurément une exagération regrettable et condamnable : de ce que l'initiative privée est chose excellente en soi, digne d'être encouragée, il ne faut pourtant pas conclure qu'elle soit toujours capable de mener à bonne exécution les œuvres les plus diverses et les plus considérables.

L'histoire de la guérison de la variole vient nous en donner une preuve péremptoire ; elle établit, ce nous semble, la supériorité, en certains cas, d'une mesure décrétée obligatoire sur les procédés, si ingénieux soient-ils, dus uniquement à la libre initiative des citoyens.

Les faits, intéressants en eux-mêmes et par les conclusions qu'on en peut tirer, valent la peine qu'on les relate avec quelques détails.

Au lendemain de la guerre de 1870, la population allemande fut très cruellement éprouvée par des épidémies de variole : de 1870 à 1874, il mourut de ce chef

plus de cent mille personnes. Le gouvernement estima qu'il serait bon d'éviter de pareilles saignées. Il rendit alors la vaccination obligatoire et, ce qui était plus difficile, il tint la main à la stricte observation de la loi qui devint exécutoire à dater du 1er avril 1875. Voici, d'après M. Duclaux ', les résultats obtenus : de 1886 à 1893, la moyenne des décès annuels par variole est tombée dans tout l'Empire à 130 par an. En 1895, il n'y a eu que 27 morts par variole, et le document qui rapporte ce chiffre ajoute triomphalement que, si on compare la mortalité de cette année à la mortalité des autres pays d'Europe pendant la même période, pour un mort de variole dans les villes allemandes, il y en a eu 3 en Suisse, 19 en Angleterre, 25 en Belgique, 81 en Hollande et 201 en France. « On le voit, écrit M. Duclaux, la variole n'existe plus en Allemagne. Les quelques dizaines de décès par cette maladie, que la statistique relève encore, se produisent surtout dans les districts ou les villes de la frontière, surtout au voisinage de la Russie et de la Bohême. C'est le même fait que pour la rage, que l'Allemagne a aussi extirpée de chez elle, par une stricte observance de la loi. et dont elle n'entend plus parler que sur les confins des pays qui n'ont pas de loi de police sanitaire ou ne l'observent pas. la Russie et la France. Il y a donc des pays qui savent économiser les milliers de vies que leur coûteraient annuellement les maladies évitables ; et il y en a aussi qui préfèrent payer ce tribut; parmi ces derniers, la France tient un rang des plus distingués, et sa prodigalité a même quelque chose de chevaleresque : c'est elle qui fait le moins d'enfants, et c'est elle qui les laisse périr avec le plus de désinvolture. » Mais, en ce qui concerne la variole, il y a lieu d'es-

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