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LE KRACH DES HOMARDS

en conserves une denrée comestible, la matière première est toujours vouée à la disparition à bref délai.

C'est ainsi que TAustralie, où les lapins pullulaient au point de devenir un fléau, les a réduits à merci en en faisant des conserves alimentaires. On envisage déjà Tépoque où il faudra introduire en Australie des couples de lapins reproducteurs et en protéger la postérité par des règlements tutélaires.

En ce qui concerne le homard, on a proposé de le protéger en confectionnant avec son horrible ennemi, la pieuvre, des conserves de simili-homard. Ce ne serait pas autrement mauvais, paraît-il, et lorsque Ton songe que la vilaine bête gélatineuse nommée n seiche », quand elle est cuite, fournit un met délicieux, il ne paraît pas invraisemblable de manger des conserves de pieuvres. La chaleur que les fabricants de conserves de homards ont apportée, à diverses reprises, à démentir toute introduction de pieuvres dans leurs produits, a donné à4)enser d'ailleurs, que cela s'était déjà fait et se pratique peut-être. Il conviendrait donc d'apporter un peu plus de franchise en cette question et d'admettre résolument, s'il y a lieu, les conserves de pieuvres.

Lorsque Ton aurait dévoré les pieuvres, on passerait au homard, puis on reviendrait à la pieuvre, et ainsi de suite, dans une consommation intensive et jusqu'à la consommation des siècles. Il sera tout à fait temps d'y songer, en ce qui nous concerne, lorsqu'il faudra, de toute nécessité, prendre des mesures pour préserver une pêche que le manque de sauvegarde et de prévoyance tend évidemment à faire disparaître de notre pays, ; or, quelque chose qui disparaît sans être remplacé c'est toujours une bien mauvaise aventure.

LTJSINE MODÈLE

A Tune des séaïiceâ de >â Société française d'hygiène, tktk de ses membres, M. J. Briihat,a résumé et commenté un intéressant Raprport présenté par le docteur Glébert au Ministre de Fin<iustrie et du travail en Belgique.

Ce Rapport Iraile de Tétat sanitaire du personnel" ourrier dans les filatures de lin : il porte priticipalement sur les dangers, au point de vue de k santé des travailleurs, des deux opérations fondarmentales de cette industrie, à savoir : le « rouissage » et le « teillage ».

Les auteurs dont nous venons de parler ne se coiïtentent pas de faire un sombre tableau de cet insalubre labeur : ils en tirent une conclusion immédiate et pratique dont il convient de les féliciter.

« Réunissez, disent-ih, dans une seule usiue,tousîes perfectionnements qui existent déjà disséminés dans différentes filatures ; vous aureî^ une « usine modèle » où les conditions dliygîène et de salubrité seront satisfaisantes. »

Certes, cette a usine modèle » est une conception généreuse, mais théorique. Qui îa construirait? Qui l'exploiterait ?

Ne nous arrêtons pas à cette objection qui tombe d'ellemême lorsque Ton approfondit la pensée philosophique de MM. Glébert et Bruhat.

C'est par des dessins et des mémoires à l'appui, que l'on

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peut Utilement construire cette usiae modète ; ce que ses promoteurs indiquent pour la filature- de lin serait tout aussi profitable pour toutes sortes d'autres inchistries. Il en résulterait, pour l'intérêt général, de grands progrès^ n'en doutons pas.

Pourquoi^ en effet, dans une spécialité quelconque, les industriels d*une région ne profitent-ils pas des améliorations que l'un ou l'autre d'entre eux a apportées à sa branche spéciale ?

C'est que, décemment, ils ne peuvent se demander, l'un à l'autre, la permission de pénétrer dans lewrs ateliers : c'est que « le contact manque » par toutes sortes de raisons parmi lesquelles la raison commerciale, le principe de concurrence, est prédominant. Il est en efîet des plus logiques.

Mais ce n'est point de cette pénétration des uns chez les autres qu'il doit être question, ni de la communication du chiffre des affaires, ni de l'importance des contrats, ni de celle des approvisionnements.

Ce sont là les élénaent» des « trusts » industriels et commerciaux doot l'exemple, reim des Etats-Unis, tend à se répandre,et qui conduisent à de graves difficultés.

La chose à « truster )^ tout en conservant l'initiative et la liberté de chaque industriel et de chaque groupe de travailleurs, c'est l'hygiène et la salubrité des locaux, le bon chauffage, la bonne ventilation, la protection contre les accidents de machines, le choix des moyens de manutention les moins brutaux et moins dangereux.

Sur ces divers points, il y a émulalionf il n'y a pas concurrence, il ne doit pas y avoir de concurrence.

Parfois, souvent même, dans Tusine ou dans l'atelier, un perfectionnement de détail, combiné par l'ouvrier, par le contre-maître, approuvé par le patron ou par le directeur, rend les plus grand services. Pourquoi ne pas le faire con-

naître, ou plutôt, pourquoi ne pas le laisser connaître aux voisins ? C'est de ces détails réunis, associés, tracés d'une façon claire, que se constitueraient les plans et les programmes de « l'usine modèle ».

Ceux qui les réuniraient et les mettraient en évidence devraient être assurément tout à fait désintéressés et indépendants dans les diverses spécialités. Ils existent, il n'y a pas à les chercher. Ce sont, par destination, les Inspecteurs de nos Associations d'industriels contre les accidents de travail. Car, la première source d'accidents, celle contre laquelle le médecin seul peut lutter, c'est l'insalubrité de l'usine. Or, le médecin sera le premier à dire : principiis obstaf

Deux objections se présentent immédiatement à l'esprit. On nous dira : Vous parlez « d'usine modèle ». Donc, en supposant rempli le programme de solidarité défensive, vous admettez que Ton aura indiqué, pour chaque industrie, l'idéal de perfection.

Ce serait absurde ! Le progrès est incessant en ces matières. Il s'agirait seulement de créer une base. Chaque perfectionnement nouveau viendrait s'y reporter dès lors qu'il aurait bien montré son utilité.

On n©us dira aussi : Supposons établis les plans .et projets de» « usines modèles ». De nouveaux venus élèveront des usines d'après ces plans et, remarquablement armés pour la lutte, ils feront aux concurrents anciens une guerre industrielle dont ces concurrents auront,en quelque sorte, fourni les munitions puisées dans leur expérience.

Cette objection n'est pas davantage valable. La bonne installation de l'usine nouvellement créée ne lui fournira ni son capital de roulement, ni son personnel attaché à la maison, ni sa clientèle. L'usine neuve,entout état de cause, s'efforce de s'installer dans les meilleures conditions possibles ; c est le devoir strict de ceux qui l'installent d'en faire

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