L^USINE MODÈLE
Tétude dans ce sens. Mais, en ce qui concerne les progrès qu'elle m^t à profit, et qui seraient mis en lumière, dans la conception de « Tusine modèle », qui donc peut empêcher les organisations anciennes de se les approprier ? Du jour au lendemain on ne supprime pas un outillage qui a fait ses preuves et qui produit un labeur effectif ; mais, on peut Taméliorer, par efforts successifs, au point de le rajeunir. En cela « l'usine modèle » serait, n'en doutons pas, tout aussi profitable dans son enseignement, aux vieilles industries qu'à celles destinées, de toutes pièces, à les remplacer.
En matière commerciale, et principalement en ce qui concerne les exportations, nous disait récemment un trafiquant expert dans son état, « il convient d'éviter les emballements, mais il faut soigner les emballages ».
Cela devient une véritable règle de conduite alors que l'équilibre général du budget dépend, dans une large mesure, de la balance entre les exportations et les importations.
Mais il faut considérer aussi qu'il se fait beaucoup d'exportation, à brève distance, dans l'intérieur même du territoire, et cela vaut bien que l'on y prête attention. Caisses, paquets, colis postaux, doivent être bien et logiquement emballés, s'ils veulent arriver intacts à destination, au milieu de quelles vicissitudes 1 Nous ne sommes plus en effet au temps où l'on recommandait le colis à la sollicitude du conducteur de la patache.
Sachons emballer ! Ne comptons pas sur les bons soins ultérieurs des indifférents, dès lors que notre colis s'est envolé vers ses futures destinés.
Pour le colis d'exportation proprement dit, il y a de véritables principes d'architecture à mettre en œuvre. La caisse doit être stable par elle-même, bien clouée ou bien vissée, indéformable : cette condition d'être indéformable demande beaucoup d'expérience et, dans les cas nouveaux,
un peu de calcul. Il est bon d'ailleurs, dût-on y perdï*e quelque peu de cubage, de s'en référer aux formes et aux volumes reconnus faciles à arrimer dans les navires : en se faisant non pas petit, mais exact, on est certain d'être bien logé. A l'intérieur des caisses, le garnissage doit être effectué avec du papier sinon incombustible, du moins ininflammable et hydrofuge : il y a dans ce but de nombreuses formules qui ne sont pas suffisamment pratiquées, mais qu'il serait aisé de pratiquer, car elles ont été l'objet de brevets.
Voilà d'une façon générale ce qui concerne l'emballage pour l'expcMrtation à grande distance. Il convient d'y ajouter l'utilité que présentent les indications écrites^ ou plutôt, imprimées sur les caisses : haut, bas, fragile, craint l'humidité, etc. Ces indications doivent être avant touf consciencieuses pour être tutélaires : on en a quelque peu abusé, ce qui leur a ôté une partie de leur valeur. Autrefois, la corporation des emballeurs rédigeait ses inscriptions sur les caisses d'accord avec la douane, ce qui était une exceU lente pratique ; de plus, la douane faisait dessiner sur les colis des signes conventionnels, mains, vases, navires, indiquant au premier coup d'œil la nature approximative du contenu et sa destination^ Ces indications étant, en quelque sorte, officielles, engageaient des responsabilités et Ion était obligé d'y prêter attention. Il y aurait là ce semble une chose que Ton pourrait utilement remettre en pratique.
Le matériel d'emballage, pour le transport à l'intérieur du pays ou d'un pays au pays limitrophe, n'exige pas, bien entendu, autant de solidité que celui qui est destiné à traverser les mers et à parcourir des milliers de kilomètres. Néanmoins il demande à être logiquement pratiqué aussi, notamment en ce qui concerne les produits alimentaires. Avec de boas emballages on évite considérablement de
déchets en même temps que Ton apporte les denrées au consommateur dans un meilleur état de fraîcheur et de conservation.
Signalons, dans cet ordre d'idées, l'intéressante exposition de matériel qui se voyait au dernier Concours agricole à Paris. Le Commissaire général, le savant M. G. Foex, a adressé un appel aux spécialistes pour garnir cette section : son appel n'a pas été suffisamment entendu dans l'intérêt général. Cependant, on a pu examiner, dans cette section, diverses choses instructives et, dans les prochains concours, les spécialistes en matière de matériel d'emballage apporteront certainement tous les résultats de leurs recherches et de leur ingéniosité : ils y auront tout avantage.
Parmi les objets exposés, il convient d'indiquer des cageots à volailles bien étudiés, des caisses pour le transport du miel, des cadres-pliants qui se plient et se démontent facilement et qui sont destinés au transport des fruits et légumes en vagon. Cette question du transport des primeurs est très importante pour les producteurs ainsi que pourles consommateurs : elle intéresse vivement nos régions méridionales. Aussi ne saurait-on assez engager les chercheurs à étudier les modes d'emballage les plus simples et en même temps les plus résistants.
Il y a sur ce point deux « écoles », non pas adverses, mais différentes comme principe.
L'une considère l'emballage comme « perdu » elle passe d'emblée aux profits et pertes.
L'autre préconise le retour des emballages au lieu d'origine afin de les renvoyer de nouveau à destination.
Il est évident que la longueur du trajet donne, tout d'abord, raison à telle ou telle de ces théories. D'une façon générale, lorsque l'emballage peut être considéré comme sacrifié d'avance en raison de son faible prix de revient,
cela est préférable. Cela est réalisable aussi en mettant à profit les matériaux dont on dispose, suivant les régions. Beaucoup d'entre elles peuvent fabriquer chez Tagriculteur même, à très bon compte, des pelits paniers de jonc ou d'osier qui font d'excellents emballages. Sur d'autres points on a la planchette, la latte de bois blanc, pour un prix minime : alors, c'est la caisse à claire- voie qui est la formule indiquée.
On pourrait sans doute aussi employer les emballages en paille tressée, sans pour cela tomber dans la vannerie fine. En Allemagne, cette industrie est très développée et rémunératrice : c'est une bonne industrie de gagne-petit, ou complémentaire d'autres travaux pendant les périodes de repos ou de chômage. Elle exige, à la vérité, de la paille spéciale pour donner les résultats voulus de flexibilité et de solidité ; mais il serait facile et peu coûteux, un peu partout, de faire pousser cette paille.
En résumé, constatons que si nos emballages pour la grande exportation demandent à être encore perfectionnés, par contre, ceux destinés aux transports intérieurs ont été l'objet de réels progrès qui paraissent devoir s'accentuer encore ; tout le monde y gagnerait : le consommateur en étant mieux servi, le producteur en réalisant plus de profits par la diminution des pertes et des déchets en cours de route.