CURIEUX ACCIDENTS
Voilà donc ce bon M. Marsh qui met sa rouille clans du papier et le petit paquet de papier dans sa poche. Bientôt après le petit paquet était en feu, le pantalon brûlé, et le chimiste navré. Le fer rouillé, en raison des facilités qu'il a pour se suroxyder et de son état poreux, est en effet, d'après ce qu'il semble, et il convient d'y veiller, un remarquable agent de combustions spontanées.
Dans une fabrique allemande de produits chimiques, c'est du zinc en feuilles qui a servi d'étoupille. Voici pourquoi :
Ce zinc, traité en grandes masses par l'acide chlorhydrique, était devenu poreux à la surface : il se comportait donc comme « de l'éponge de platine », c'est-à-dire comme du platine poreux susceptible d'absorber, avec un grand développement de chaleur, les gaz ambiants. Les feuilles de métal étaient devenues explosives ; elles suscitaient les mélanges détonnants puis elles les enflammaient : on n'osait plus y toucher. Il fallut une très sérieuse enquête pour se rendre compte de ce troublant phénomène.
Parmi les matières susceptibles de combustion spontanée, il convient de mettre en belle place les balles de coton. Elles brûlent fort bien sur la lerre ferme , ainsi que le relate M. Harris, mais encore mieux à bord des navires où réchauffement de la masse se trouve dans des conditions particulières pour le sinistre. Comme le coton est toujours huileux, dans une certaine mesure, un chargement de ce genre contient, par le fait, l'huile et la mèche du brûlot. Cette déplorable faculté de s'enflammer s'étend bien entendu aux tourteaux de graines de coton comprimés à la presse hydraulique.
On a vu des courroies de transmission de mouvement des machines mettre le feu à l'atelier. Dans ce cas, c'est l'éleclricité qui intervient. Les courroies, très sèches,
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sa?wpo«Mh*ées de poudre de résine pour donner de l'adhérence sur les poulies, s*électrisent par frottement au point de jeter des étincelles. Ces étincelles, assez débonnaires caloriquement parlant, sont cependant susceptibles d'enflammer du bois bien sec à une vingtaine de centimètres de distance : le fait a été constaté, notamment, dans une filature de Lowell , dans TÉtat américain de Massachussetts.
Nous ne pouvons multiplier ici les exemples d^accidents relevés par M. Harris. Il s'en dégage, et c'est ce que nous nous contenterons de mettre en lumière, cet aperçu philosophique que tout effet a une cause et qu'il est imprudent, dans l'état scientifique actuel, de se contenter d'attribuer un incendie à la combustion spontanée sans en rechercher exactement l'origine : on la trouvera toujours. De plus, ayant détermmé cette origine accidentelle, on pourra prendre des précautions pour les cas analogues de l'avenir, éviter d'obscurs et sinistres naufrages, obvier à toutes sortes de pertes et d'accidents. C'est un chapitre d'application du célèbre précepte : « Principiis obstet l »