‹ Actualites scientifiques (volume 2)Chapitre 18 sur 105 · PRÉDICTION DU TEMPS · texte numérisé non relu

PRÉDICTION DU TEMPS

Peut-on prédire « le temps qu'il fera ? » Disons plus modestement, et plus exactement, peut-on le prévoir? Dans quelle limite ?

C'est la réponse à ces questions, dans Tétat actuel, que vient de donner une haute personnalité des plus autorisées, M. Bouquet de la Grye, membre de l'Institut, en rédigeant le rapport annuel du Conseil du bureau central météorologique de France.

Bien entendu, ce n'est pas la formule des almanachs établis un an à l'avance et d'une façon généralement fantaisiste, qu'a examinée le savant ingénieur hydrographe.

Res non verba 1 II a passé en revue les travaux effectifs, les observations, les résultats du Bureau central météorologique de France, que dirige depuis vingt-cinq ans, avec compétence et dévouement, M. Mascart.

CEuvre considérable et qui s'affermit sans cesse ! Elle réalise, non sans les difficultés que l'on peut penser, le programme tracé par décret, en 1878, après la mort de Le Verrier, c'est-à-dire : L'étude des mouvements de l'atmosphère , les avertissements aux ports et à l'agriculture, l'organisation des observations météorologiques et des Commissions régionales et départementales , la publication de leurs travaux, et l'ensemble des recherches de météorologie et de climatologie.

Que peut-on donc « prévoir » à Theure présente, en attendant mieux ? Voici ce que conclut M. Bouquet de la Grye :

La « prévision du temps » peut s'entendre à « courte échéance », ou à « longue échéance ».

C'est la première solution, ^ la <JOurte échéance », que présente chaque matin le Bureau central météorologique de France, au moyen d'un Bulletin envoyé par la poste, dans tous les départements, et de dépêches expédiées dans tous les ports et dans tous les centres importants.

Cent soixante-sept télégrammes servent, journeHement, à dresser le» cartes météorologiques contenue» dans le Bulletin, et cinquante dépêches, partant du Bureau, les résument.

L'ecisemble des prérisioas à courte période^ à courte échéance, a donné « quatre-vingt-onze pour cent » de réussites. Pour lea coups de vent, la prévisioo a été réalisée dans la proportion de « soixante-dix-sept pour cent ». Sur cinquante et un coups de vent ayant atteint nos côtes, huit ont apparu Bubitement : plusieurs ont été auncMicés huit jours d'avance. U y a évidemment encore des progrès à réaliser, mais enfin, le résultat n'est point négligeable. Combien de naufrages, de ruines, de mort^ d'hommes, oot pu ainsi être déjà évités !

Pour les prédictions « à longue éehéaiuie », le p*'oblème, malgré son importance, est à peine effleuré. Certes, il n'est pas insoluble, mais sa solution résulte d'une sorte d'équation dont les termes, suivant l'expression math45>aiatique, sont très nombreux, et les coefficients qui les régissent à peine entrevus. La réunion, le classement, la comparaison, de longues et multiples observations, sont nécessaires pour entrevoir d'une façon précise les lois des grandes vicissitudes atmosphériques.

Or, c'est dans une période relativement récente que,

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