‹ Actualites scientifiques (volume 2)Chapitre 19 sur 105 · PRÉDICTION DU TEMPS M · texte numérisé non relu

PRÉDICTION DU TEMPS M

travaillant pour Tavenir , d«s précurseurs dévoués oot commencé k recueillir ces observations. Le Bureau central en possède déjà une collection de soixante-dix-huit volumes, dont trente et un renferment des mémoires sur des sujets scientifiques d'ordre météorologique. Des instituteurs envoient d'excellentes observations très bien faites : des capitaines au long--cours, précieux auxilliaires s'il en fut , envoient des copies de leurs journaux de bord parfaitement bien tenus, remplis d'indications qui enserrent les lois de formation et d'action des tempêtes et des cyclones. Faut-il dire que ces journaux de bord, qui contiennent des documents si intéressants, notamment sur la marche des cyclones entre les États-Unis et l'Europe, s'accumulent au Bureau central sans pouvoir être dépouillés et analysés ? C'est malheureusement là une question de dépenses, une question budgétaire, qui pourra, espérons le , s'améliorer. Les Compagnies d'assurances spéciales ne comprennent pas assez combien il leur serait profitable de contribuer à encourager ces services scienlifiques qui sont pour elles, en maintes circonstances, une sauvegarde matérielle très importante.

C'est déjà quelque chose, d'ailleurs, et quelque chose de fort utile que d'accumuler les documents dont nous parlons et de les classer d'une façon même sommaire : les chercheurs sauront à l'heure dite qu'ils peuvent venir y puiser. La bibliothèque du Bureau central, grâce à de patients efforts, grâce à la persistante foi scientifique de M. Mascart, a été mise en état de recevoir plus de vingt mille volumes, et le public a toutes facilités pour les consulter, car le catalogue en est au courant. Or, le catalogue, c'est la bibliothèque morale à côté de la bibUothèque matérielle : dès lors qu'il est constitué, dès lors qu'il est méthodiquement tenu à jour, la réserve de livres et de documents établis possède, en quelque sorte, sa person-

nalité, qu'elle ne perdra plus, à moins de quelque accident grave, et encore en laissant des possibilités de reconstitution.

Souhaitons, en terminant, que malgré tant de difficultés à l'heure actuelle , notre Institution météorologique française continue à recevoir, complétées encore comme il convient, les ressources qui lui sont indispensables pour conserver le haut rang scientifique et utilitaire qu elle a conquis et qu'elle occupe. Un vieux proverbe dit que u nul n'est prophète en son pays » et nous n'avons pas la prétention d'y avoir des prophètes météorologiques. Mais nous avons des savants modestes et illustres qui cherchent obstinément à répondre, par des observations consciencieusement faites et groupées, aux incertitudes des phénomènes de météorologie et de climatologie. La sympathie générale doit être leur première récompense : la mise à leur disposition des moyens d'action nécessaires doitjen être la sanction.

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