‹ Actualites scientifiques (volume 2)Chapitre 22 sur 105 · LE VOLCAN CÉLESTE · texte numérisé non relu

LE VOLCAN CÉLESTE

effet, an Congrès mternaiional de météafologje qiri s'est tenu en 1900 pendant TExposition universelle.

M. E. Marchand, le distingué directeur de l'Observatoire du Pic-du-Midi de Bigorre , ftt à ce Congrès une eommunicatian forten»ent documentée sur les relafioits qui existent entre les phénomènes solaires et ceux de la physique du globe terrestre.

Les astronomes et les météorologistes admettent généralement, à rh«ure actuelle, la relation, établie surtout par Sabine et Wolff, entre la « période undéeennale » (c'est-à-dire de onze ans) des taches solaires, et celles des variations diurnes des éléments du magnétisme terrestre.

Brown Fritz, et Zenger, ont cherché, non sans succès, à rapprocher la périodicité des orages magnétiques ou des aurores polaires de la rotation du Soleil.

Il paraît évident que lorsqu'il y a un orage à la surface du Soleil , une explosion volcanique, ou quelque autre phénomène anormal du même genre, nous devons nous attendre ici à quelffue chose de désagréable. Lorsque nous voyons apparaître entre autres choses Taurore boréale, on peut appr^er des voitures à bras pour transporter les dépêches télégraphiques.

On finira peut-être par pouvoir prévoir les fantaisies solaires ; cela n'empêchera pas évidemment de les subir. Mais enfin, il est bon d'être prévenu des bonnes comme des mauvaises éventualités.

En vue de cette prévision, on constitue, actuellement, au Soleil, une sorte de casier, sinon judiciaire, du moins solaire. M. E. Marchand utilise, à cet effet, les courbes de variations magnétiques recueillies à Lyon comme au Pic-dti-Midi, par un enregistreur photographique du système Mascart. 11 construit, d'après ces indications, une « courbe des perturbations^ » qui sera, dans l'avenir, de plus en plus instructive.

Les conclusions actuelles du directeur de TObservatoire du Pic-du-Midi sont les suivantes :

Les « facules » solaires sont le phénomène fondamental, les « taches » sont le phénomène secondaire. Il y a sur la surface de l'astre, à de certains moments, des « régions d'activité » parfaitement caractérisées. Les facules tournent, comme les taches, avec une vitesse qui dépend de leur latitude. Chacun des maximums de la courbe des perturbations magnétiques coïncide sensiblement avec le passage au méridien central d'une région d'activité du Soleil, et réciproquement.

Cette loi astronomico-météorologique paraît générale : du moins, il est très rare qu'un passage ne soit pas accompagné d'un orage magnétique fort ou faible ; il est très rare aussi qu'une perturbation se produise sans qu'il y ait, à la même époque, passage d'une région active du Soleil au méridien central. Les aurores polaires (ou boréales) qui se produisent dans ces conditions semblent se produire dans des conditions analogues à celles des orages magnétiques. Peut-être en sont-elles une forme spéciale, à moins qu'elles n'en soient une manifestation concomitante.

Lorsque tout cela sera, par la suite, mieux défini, plus observé, mieux étudié encore, quel bénéfice matériel peuton espérer d'en retirer ? L'avenir le dira. Les prévisions météorologiques rendent déjà de grands services : en s'appuyant sur des prévisions astronomiques d'un ordre supérieur et plus mathématique elles pourraient sans doute être plus utiles encore. Et puis l'esprit humain, et c'est ce qui le relève, aime à tâcher de connaître le pourquoi des choses. Félix qui potuit rerum cognoscere causas !

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