ÉLECTROLYSE
Il y a des mots correspondant à des choses essentiellement pratiques, industrielles, vulgaires si vous voulez^ terre-à-terre si vous préférez, et qui cependant sont d'une poésie charmante. Tel est le cas du néologisme qui correspond à tant d'opérations chimiques, industrielles, pratiques, et que to*ut le monde prononcera bientôt: Téleetrolyse.
L'électrolyse ! Il y a de la hberté là dedans ! C'est îa Sciencequi délie par rÉlectricité mystérieuse et toute-puissante ce que le concours de circonstances autres avait associé. C'est un des grands moyens d'action actuels pour beaucoup d'industries inséparables de l'agglomération et de la civilisation humaines, c'est l'avenir !
Un savant distingué, M. Gall, nous en fit récemment le plus instructif tableau au « Congrès de la houille blanche », qui fut un des événements scientifiques importants de l'année 1902. Il sut définir et faire comprendre exactement ce que Ton entend par les trois expressions essentiellement modernes : Electrochimie, Electrométallurgie, Electrolyse.
L'Electrochimie s'occupe des applications de l'électricité aux innombrables opérations de la chimie. Le courant électrique agit-il en produisant des températures intenses? C'est l'Électrocbimie et c'est le cas, par exemple, du four électrique.
Agit-il comme agent de décomposition ? C'est TÉlec- Irolyse*
On a fait, d'ores et déjà, toutes sortes de théories sur le mode d'action de Télectrolyse. Dès 1846, Glausius parlait du « transport des molécules » ; en 1887, Arrhénius a lancé la théorie de Télectrolyse par « transport des ions ».
On ne sait pas plus ce que sont les molécules que Ton ne peut savoir ce que sont les ions. C4es mots servent simplement aux savants pour tâcher de donner une explication plausible des phénomènes observés et pour tâcher d'en prévoir d'autres. Qu'importe d'ailleurs ? Ce qui est surtout intéressant à constater, c'est que Télectrolyse, c'est-à-dire la mise en liberté des composants dans les matières, par le passage du courant électrique, est un procédé acquis. Chaque jour, l'observation et la pratique lui font faire quelque progrès nouveau : laissons-nous aller, tout d'abord, au fil du courant de ces progrès ; nous trouverons, sans doute, par la suite, les explications réclamées par les gens désireux avant tout de connaître les origines des choses.
Les applications électrochimiques de l'électrolyse sont déjà très nombreuses : elles tendent à se substituer, de plus en plus, aux anciens procédés.
L'hydrogène se prépare maintenant à volonté, par électrolyse de l'eau. Ce sont les aérostiers qui ont mis ce procédé en vogue afin de se procurer le gaz très léger nécessaire au gonflement de leurs ballons. A la vérité, l'hydrogène ainsi libéré n'a pas encore trouvé de grande utilisation industrielle ; mais cela viendra sans doute. D'ailleurs, en électrolysant l'eau, on obtient séparément l'hydrogène et l'oxygène qui est plus immédiatement utilisable. Actuellement, une force, une puissance, d'un cheval-heure, fournit cinquante litres d'oxygène et cent litres d'hydrogène, très purs, comme on peut le penser.
L'électricité permet, et permettra surtout^ lorsqu'on aura aménagé les chuteB d'eau, de concent^'^r économique-