TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
dépôts d'explosifs variés que Tindustrie et Fart militaire sont obligés d'accumuler dans des sortes d'inquiétantes cavernes. Si tout cela, atteint par les ondes, allait sauter? s'est-on dit. Ce serait une sorte de catastrophe volcanique épouvantable dans son genre. Empressons-nous d'ajouter que les ondes électriques ne sont pas capables, du moins, en l'état actuel, de produire aucune mise à feu. Tout ce qu'elles pourraient faire, ce serait de « déclancher » un dispositif mécanique muni d'un récepteur analogue à celui de la télégraphie sans fil. Mais, on conviendra que ceux qui laisseraient installer quelque engin de ce genre dans leur mine, ou dans leur poudrière, seraient bien naïfs et bien inconscients.
Les physiciens possèdent des certitudes à ce sujet, à la suite de leurs études sur les vibrations en général. En constatant, dès le début, qu'une vibration électro-magnétique se propage dans un « milieu » donné avec la même vitesse qu'une vibration lumineuse, Maxwell a conclu et montré qu'il y a non pas seulement analogie, mais bien identité, entre les deux phénomènes, et qu'une vibration lumineuse n'est autre chose qu'un courant de déplacement alternatif. Il assigne ainsi une môme origine aux phénomènes lumineux, de telle sorte que, lorsque l'on met en mouvement une machine à courants alternatifs, ou, lorsque Ton allume une lampe, on provoque, dans le milieu environnant, des phénomènes de même nature. La seule différence est dans le nombre des vibrations produites pendant une seconde de temps.
Or, la lenteur relative des. vibrations électro-magnétiques, tout en atteignant la vitesse de propagation de la lumière, les empêche de produire les mêmes effets, par exemple sur l'œil humain qui est un excellent témoin. C'est que le spectre solaire, dans sa partie allant du rouge au violet, est un faisceau de radiations ayant des vitesses de
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propagation différentes : Toeil reçoit les grandes vitesses, et ne s'occupe pas des autres. La vibration électro-magnétique, au contraire, ne possède qu'une seule vitesse égale à la vitesse moyenne de propagation : c'est ce qui lui communique des propriétés tout à fait différentes au point de vue de l'action et des résultats que l'on peut obtenir.
Malgré les progrès de la Science, l'homme n'a encore à sa disposition qu'un moyen d'action tout à fait grossier pour produire « la lumière » : c'est de prendre la chaleur comme intermédiaire. Pour communiquer à « l'éther » un mouvement vibratoire capable de produire ce que l'on nomme les phénomènes lumineux, on donne tout d'abord, en l'état actuel de nos connaissances, ce mouvement à des particules matérielles solides ou gazeuses : pour cela, on les porte à une température suffisamment élevée. On n'utilise donc, en somme, sous forme de lumière, qu'une infime partie de l'énergie dépensée d'abord pour produire la chaleur. Tout cela changera du tout au tout, et ce sera encore une belle découverte comme on peut le penser, le jour où l'on saura produire directement des courants alternatifs ayant la fréquence des radiations lumineuses. Encore un effort à faire I Encore des merveilles à réaliser ! N'en doutons pas, elles seront réalisées.