LE TROLLEY
Sans posséder aucune langue étrangère, il y a un mot d'origine étrangère que tout le monde connaît actuellement, partout ou il y a un peu de civilisation : c'est le mot « trolley ».
Le trolley, c'est le petit charriot aérien^ lequel, courant sur les fils aériens qui transportent le courant électrique, apporte au tramway spécial la force motrice nécessaire à son mouvement, l'énergie, la vie mécanique.
Sur d'innombrables réseaux de fils aériens circulent les infatigables trolleys. Ils sont, dans un ordre d'idées différents, proches parents de Tinfaligable navette :
»ur un métier la navette en courant
Dans la chaîne entr'ouverte enlace un fil errant.
Ce sont des relations humaines que tissent les laborieux trolleys.
L'origine du mot n'est pas très nette. Il semble surtout provenir du terme anglais « troUy », qui signifie « petit wagonnet ». On a voulu y voir aussi le terme français « trôlet », du verbe « trôler ». Mais qu'importe? Le trolley a son nom, comme le rail, le wagon, l'express, comme tous ces termes nouveaux que l'industrie des chemins de fer jeta dans le langage courant.
Dans les premiers tramways, le primitif trolley, la roulette, était au bout d'une perche rigide et le véhicule était condamné à l'observation stricte de la ligne droite. Mais, ensuite, est venu « Tarchet », sorte de cadre métallique transversal au fil, lequel procura les possibilités de croisement et d'aiguillage, ainsi que la souplesse. On voit aux États Unis, et l'on verra un peu partout à l'avenir, dans les grandes agglomérations, des changements et des croisements de voies où les fils forment de véritables toiles d*araignées.
Il y a, à la vérité, quatre systèmes actuels de tramways électriques. Dans trois d'entre eux, les moteurs de la voi- , ture restent, par les rails, en connexion permanente avec l'usine qui produit le courant électrique ; dans le quatrième système, la voiture porte avec elle les accumulateurs électriques auxquels elle emprunte la force motrice ; elle peut dire, comme le célèbre philosophe Bias : Omnia mecum porto : »< Je n'ai besoin de quoi que ce soit ni de personne. » Le système des accumulateurs sera le système parfait dès lors que les électriciens auront trouvé la formule des accumulateurs légers, ne chargeant pas la voiture d'un poids considérable, de ce terrible « poids mort » qui est l'obstacle puissant pour tous les systèmes de transport en commun du « poids vivant » . On reproche aussi aux accumulateurs actuels l'odeur des gaz chimiques qu'ils dégagent et leur inconvénient de geler en hiver. Ils font donc la partie belle jusqu'à nouvel ordre, à l'actif, incongelable, et aérien trolley.
Une des objections principales que l'on a faites à l'emploi du trolley, c'est la présence de ses fils conducteurs, de ses câbles, lesquels, dans les parties agglomérées des villes, tracent dans l'espace des lignes rigides sur les façades des monuments et des maisons. C'est l'objection aimée des architectes. Elle est juste lorsqu'il s'agit pour un tramway