‹ Actualites scientifiques (volume 2)Chapitre 35 sur 105 · CHARBONS ÉLECTRIQUES · texte numérisé non relu

CHARBONS ÉLECTRIQUES

Entendons-nous bien, tout d abord, sur le sujet. En parlant de la fabrication des charbons électriques, qui est actuellement considérable et peu connue, nous ne voulons pas indiquer de procédés pour remédier , par Télectricité, à Tépuisement — d'ailleurs fort douteux — des gisements de houille. Il s'agit en l'espèce — comme dit la jurisprudence — des petits ou gros bâtons de charbons artificiels entre lesquels le passage du courant électrique produit r « arc » incandescent. Cet arc est utilisé, soit pour l'éclairage dans les belles lampes électriques à arc, ou « régulateurs électriques », soit pour déchaîner de hautes températures dans les fours électriques où l'électrochimie produit, de plus en plus, de véritables merveilles.

Les charbons électriques ont, d'ailleurs, d'autres emplois. Ils servent dans les piles électriques des divers systèmes connus, dans les microphones et pour manufacturer les « balais » collecteurs, au moyen desquels on recueille le courant sur les tourillons des machines dynamoélectriques.

Depuis le début de l'éclairage électrique, le principe de la fabrication de ces curieux bâtonnets est resté le même. On prend du charbon, du carbone, on le broyé, on l'agglomère avec un liquide agglutinant, on le moule, on le

cuit à Tabri de l'air, à haute température et Ton obtient des masses plus ou moins cohérentes et plus ou moins poreuses. En théorie industrielle^ cela va tout seul ; dans la pratique, cette fabrication est très délicate. Carie moindre défaut, ou le moindre excès de cuisson, rendent les charbons inutilisables. De plus, les matières premières employées doivent être d'une pureté chimique parfaite. Sans cela, lorsque le courant passe, lorsque l'arc se produit, au lieu d'obtenir l'éclairage brillant et immaculé que l'on désire, ce sont des feux d'artifice de colorations, toutes les couleurs de l'arc-en-ciel : on voit trente-six mille chandelles électriques. A l'origine, ces fantasmagories lumineuses furent bien près de dégoûter le public de l'éclairage électrique par régulateurs : d'autant plus que les charbons du premier âge , mal agglomérés , laissaient tomber des escarbilles sur les têtes de leurs obscurs blasphémateurs.

Maintenant, tout cela est réglé, perfectionné. On fabrique des charbons électriques durs presque comme du diamant et d'une pureté digne de mériter le « prix de vertu » chimique. Plus on en fabrique, plus on en consomme.

La matière première peut être de la houille, du coke de houille, du coke de pétrole, du charbon de cornue, de l'anthracite, du noir de fumée, du graphite, du charbon de bois. On les choisit ne contenant que le moins possible de matières étrangères et donnant peu de cendres. Le charbon, broyé finement , est additionné de goudron de houille et pétri dans un mélangeur, puis la masse est moulée en pains à la presse hydraulique. Ces pains sont cuits dans un four à haute température, à l'abri de Tair, au rouge blanc. Refroidis, on les broyé de nouveau et on les réduit en poussière par passage au concasseur ou au moulin à boulets, ou bien directement à l'aide de lourdes

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