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CHARBONS ÉLECTRIQUES

meules garnies de bois, afin d'éviter rintroduclion.dans la pâte de toute parcelle de fer.

C'est la poussière obtenue qui, tamisée, lavée au besoin à l'acide chlorhydrique, et séchée, sera de nouveau additionnée de goudron, de nouveau moulée, de nouveau cuite à une haute température, àl'abri de Tair, pour constituer finalement les crayons déclarés aptes à faire rayonner, bout à bout, Tare électrique étincelant comme un soleil et brûlant comme une petite fournaise.

Telle est, d'une façon bien sommaire, cette fabrication à la perfection de laquelle chimistes et physiciens se sont évertués depuis quelques années ; ils rivalisent entre eux d'un pays à l'autre, et ce sont naturellement ceux qui obtiennent le résultat tout à la fois le plus parfait et le plus économique qui attirent la clientèle : on peut penser si la concurrence est ardente !

Les dimensions des charbons électriques mis dans le commerce sont très variables. On en fait de gros comme le petit . doigt pour l'éclairage, on en fait d'énormes à section carrée, de quarante centimètres de côté et de deux mètres de longueur, pour l'électrolyse par voie sèche ou humide et pour les fours électriques. La fabrication du carbure de calcium, auquel nous devons l'acétylène, exige notamment la mise en œuvre de ces gros charbons lorsque Ton veut opérer quelque peu en grand.

Les charbons électriques ont un emploi tutélaire spécial. Ils servent, comme parafoudres, à protéger les stations télégraphiques et téléphoniques. Comme il s'agit là, avant tout, de ne pas recevoir le coup de foudre (dans une acception toute autre que celle aimée des poètes), la fabrication, dans ce cas, est tout à fait méticuleuse. Semblables aux bons chiens de garde, les charbons parafoudres ne doivent pas aboyer (c'est-à-dire laisser passer le courant au dehors) avant que le danger de fulguration, soi-

gneusemenl calculé à l'avance, ne se produise effectivemenl. De plus, ils doivent s'emboîter dahs des montures variées : on les fait lisses , côtelés, rayés, à cannelures obliques, anguleux, à arêtes de toutes sortes de profils. Au sortir de la presse hydraulique, où leur matière première a été moulée sous pression, on les enduit de graphite, on les coupe à la longueur voulue, puis on les cuit dans des creusets remplis de coke pulvérisé. Ensuite, à grand renfort de temps et de soins, avec des machines de précision, on les taille, on les polit comme des bijoux ; tout faux coup de polissage est funeste et irréparable pour les extrémités de ces charbons dont les dimensions doivent être exactes au dixième de millimètre près. Alors seulement on est certain de ne pas t^tre foudroyé.

Une considération intéressante pour finir. Ces charbons électriques, dont nous venons de parler, sont un des organes principaux de Tutilisalion de Ténergie électrique, c'est-à-dire delà puissance des chutes d'eau : ils sont, sous leur forme de charbon noir, les agents exécutifs de la « houille blanche •>. C'est elle, d'ailleurs, au moyen de la force motrice qu'elle enfante, qui permet de les préparer, et déjà les plus importantes usines de fabrication du charbon électrique se trouvent, pour cette raison, dans les régions montagneuses. Ainsi s'enchaînent, pour ainsi dire, progrès sur progrès, dans la belle évolution industrielle dont nous voyons le début et dont on peut difficilement, même dans une imaginative envolée, apercevoir tous les résultats prochains.

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