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LA CUISINE ÉLECTRIQUE

des chutes d'eau, du courant des fleuves, progresse chaque jour. Bientôt des règlements tutélaires et progressistes tout à la fois, remplaçant les règlements ataviques et surannés, feront, espérons-le, rayonner le courant électrique dans tous les sens. Il sera alors, non seulement intéressant, mais encore logique et économique, de demander à Télectricité, comme annexe de l'éclairage et de la force motrice, de faire la cuisine ; elle ne demande pas mieux : et il est bon de dire, utile de savoir, que le matériel culinaire existe, qu'il a été bien étudié, qu'il est d'un maniement simple et sans danger.

Ainsi, prenons un exemple. Voilà un chantier qui s'installe et auquel la puissance hydraulique d'un cours d'eau fournit la force motrice et l'éclairage ; ou bien, voilà une usine dans les mêmes conditions. On peut dire que le matériel culinaire électrique sera un véritable bienfait pour le personnel. Car, pour un prix minime, avec une rapidité extrême, sans allumer de fourneaux on aura constamment et à toute heure la facilité de faire chauffer de l'eau et cuire des aliments. Il en résultera certainement un grand bien-être et beaucoup d'hygiène pour le personnel.

L'économie est évidente dans le cas où le courant électrique est produit par l'utilisation de la puissance hydraulique. Il s'y ajoute ceci, c'est qu'un fourneau à charbon, une fois allumé, consomme impitoyablement la presque totalité du combustible qu'on y a allumé, au lieu que le courant électrique cesse presque instantanément sa dépense calorique dès que l'on a tourné le commutateur.

Mais c'est là, bien entendu, une question d'économie essentielle. Il ne faut lancer le courant électrique que lorsque Ton a à s'en servir : il faut se faire de cela une obligation stricte. On l'a bien vu, on le voit constamment, pour ce qui concerne l'éclairage : la facilité d'allumage des lampes électriques, principalement des lampes à incan-

descence, est telle, qu'on les allume, comme on dit, pour un oui ou pour un non, et puis, on oublie de les éteindre ; leur aimable éclairage, môme en plein jour, est un plaisir des yeux. Alors qu'arrive-t-il ? C'est que, en comparant le prix de revient de l'éclairage électrique avec celui de l'éclairage qu'il a remplacé, gaz ou pétrole, on trouve parfois que Télectricité a coûté plus cher ; c'est tout simplement parce qu'on a abusé de sa complaisance» Tournez sagement le commutateur, ne faites pas un luxe inutile de ce qui doit être une pratique utilité, et alors le courant électrique aura non seulement l'avantage de Téclat sur les autres éclairages, mais encore celui de l'économie, indispensable dans le grand labeur actuel et en présence de la redoutable concurrence universelle.

Quoi qu'il en soit, et pour en revenir, non pas à nos moutons, mais à nos fourneaux de cuisine, établissons bien que la cuisine électrique a gagné sa cause. Elle peut être pratiquée sans difficultés ni incertitudes: elle mérite, dans bien des cas, d'être propagée et encouragée. Une omelette préparée à cent dix volts, sous trois cent cinquante ampères, ce n'est point banal, mille kilowatts !

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