‹ Actualites scientifiques (volume 2)Chapitre 41 sur 105 · INCENDIES SPONTANÉS DES BALLONS · texte numérisé non relu

INCENDIES SPONTANÉS DES BALLONS

M. Georges Le Cadet, astronome adjoint à TObservatoire de Lyon, en a donné une excellente théorie.

Après avoir constaté, comme nous venons de le faire, que les incendies de ballons sont dus à des étincelles électriques qui se produisent au voisinage de la soupape pendant le dégonflement, il fait remarquer — et c'est là le point très important — que cet accident peut survenir dans les conditions ordinaires d'une ascension sous la seule influence du champ électrique normal de l'atmosphère, c'est-à-dire par beau temps. Il suffît, pour cela, lorsque la soupape comporte des pièces conductrices relativement isolées les unes des autres, que Tune d'elles soit mise en communication avec la terre, soit directement à la main, soit par le traînage sur le sol de sa corde toujours un peu humide.

Le ballon constitue, en efl'et, un conducteur électrique imparfait, dont la conductibilité dépend en majeure partie de l'humidité de ses cordages, et qui ne demande qu'à se mettre en équilibre de potentiel avec ce qui l'environne, milieu atmosphérique ou objets résistants.

M. Le Cadet a calculé que, lorsqu'un ballon atterrit, après s'être maintenu pendant quelque temps à l'altitude de deux mille mètres, il doit compenser une difl'érence de potentiel électrique de cent mille volts. Ce chiffre correspond, en cas de fermeture du circuit par l'atterrissage, à la production d'une étincelle à la distance explosive de six centimètres. C'est bien plus qu'il n'en faut pour enflammer le gaz du ballon et pour déterminer l'explosion.

Certes, cette explosion est moins dangereuse à terre que dans les airs ; mais encore peut-elle amener de fâcheux accidents pour les aéronautes et pour les gens que le naufrage d'un ballon attire toujours autour de son épave.

N'y a-t-il point de remède à <:e genre de sinistre ? M . L e

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Cadet n'hésite pas à déclarer qu'il y en a un, et assez simple, applicable à tous les ballons.

Il convient, et il suffit, que toutes les parties conductrices d'un aérostat soient reliées par des conducteurs à un câble métallique aboutissant à la nacelle. Ce câble doit être mis en contact avec le sol dès les premiers instants de Tatterrissage. Le colonel Renard applique, d'ores et déjà, à ses ballons, un dispositif de ce genre.

Le savant Linke, de son côté, conseille d'enduire d'une solution de chlorure de calcium le filet et les cordages. Ce chlorure hygroscopique maintient constamment une humidité suffisante pour que l'ensemble de l'aérostat se comporte comme un bon conducteur électrique.

Comme conclusion, c'est chose utile que de relater ces observations et d'indiquer les précautions à prendre, en ce moment où les ascensions et par conséquent les atterrissages de ballons se multiplient et deviennent en quelque sorte usuels. Il est nécessaire, en effet, de les entourer de toutes les garanties de sécurité indiquées par la Science.

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