‹ Actualites scientifiques (volume 2)Chapitre 51 sur 105 · L'AÉRODROME · texte numérisé non relu

L'AÉRODROME

sable avec les moteurs actuels, dont le poids est descendu à cinq kilogrammes par cheval et môme à un chiflre inférieur. Elle deviendra très facile — c*est le savant colonel qui parle — avec des moteurs pesant deux kilogrammes et demi par cheval, chiffre qu'avec un peu de soin et sans changer le principe actuel des moteurs « à quatre temps », on pourrait parfaitement réaliser aujourd'hui. Mais il faut, pour cela, employer des hélices aussi parfaites que possible et d'un poids très réduit. L'aérodrome permettra d'expérimenter d'une façon effective et précise toutes les formes et toutes les puissances de ces hélices.

C'est donc avec un extrême intérêt que l'on verra nos savants mettre un fil à la patte de l'énorme Tour en fer : grâce à ce fil, elle rendra à l'aérostation des services analogues à ceux que ce pylône unique au Monde a déjà rendus à la météorologie, à la physique et à la télégraphie sans fil. Nos modernes Icares n'auront plus à redouter d'être précipités du haut des airs du faîte de leurs espérances, et la recherche incessante du merveilleux progrès de l'homme-volant tout en faisant, espérons-le, des triomphateurs, ne fera plus des martyrs de la Science.

SALIONS DIRIGEABLES

Les tentatives de dirigeabilité des ballons qui ont été faites pendant la dernière période ont été marquées par quelques succès, par plusieurs insuccès, et par quelques accidents lugubres. Est-ce à dire que cela a découragé les inventeurs spéciaux en celte matière ? Ce serait bien mal les connaître et les apprécier. De nouveaux projets se produisent sans cesse et se font breveter. En laissant de côté tout ce qu'il peut y avoir d'exagérément imaginatif dans les recherches de ce genre, on peut dire que la conquête de l'air s'effectue méthodiquement et que, s^ans être encore une absolue réalité pratique, elle n'est déjà plus une chimère. On Ta bien vu par le succès des récentes expériences faites entre Moisson et Mantes, dans le département de Seine-et-Oise, sur 87 kilomètres de parcours, parle ballon dirigeable le Jaune, des frères Lebaudy, construit par le savant ingénieur JuUiot.

En effet, cette conquête de l'air, évidemment prochaine, a, d'ores et déjà, suivant l'expression des philosophes, un « substratum », une base importante et solide de recherches antérieures. C'est sur cette base que les innovateurs, parmi lesquels se trouvent sans doute les triomphateurs futurs, doivent assurer les grandes lignes de leurs constructions.

Gela n'exclut aucune idée, aucune conception originale

Page 1