LES PETITES INDUSTRIES DU SOL
On a parlé récemment des intéressants travaux d*un savant de bonne volonté, M. Henri Bresson, lequel a donné un exemple utile en dressant, pour plusieurs départements français, TOrne, TEure-et Loir, la Sarthe, la Mayenne, la carte des forces hydrauliques inutilisées mais utilisables des cours d'eau. Il y a là une utile conquête de force motrice à faire.
M. Lagrange, de Langre, étudiant l'avenir de cette sorte d'inventaire d'une grande ressource nationale, a engagé, de son côté, les diverses régions possédant cette force motrice à rechercher les moyens de l'utiliser au mieux en créant, développant, ou faisant renaître de petites industries locales précieuses entre toutes, car elles fixent la famille autour du foyer en lui donnant les moyens de subsister.
Nous ne manquerons pas d'indiquer, par la suite, ce que conseilleront les chercheurs, les hommes d'initiative.
Rappelons pour le moment qu'il y a deux matières premières dont, avec un peu de bonne volonté et un peu de force motrice permettant un rendement acceptable, on peut tirer un excellent parti. Ce sont la paille et l'osier. Pour la paille, il suffit de voir le parti que l'on en tire en Allemagne, non pas comme litière et comme combustible, mais au point de vue industriel, en la façonnant.
C'est par millions que l'Allemagne exporte, dans toutes
les parties du Monde, les objets en paille, plateaux, paniers, corbeilles, boîtes, tables, éventails, chapeaux, paillassons, etc.
La meilleure paille pour cette fabrication est la paille de Toscane, les champs de seigle et de blé de mars coupés en juin. Mais cette paille, on peut parfaitement la produire ailleurs, et cela se fait déjà en Lombardie, en Suisse, et un tout petit peu en France.
Le mode de travail est simple. Les chaumes nettoyés, triés par catégorie de grosseur, blanchis au soufre, sont employés en tiges, ou refendus. On les tresse, sous une des formes dont nous avons parlé, et Ton peut penser qu'avec rinstinct artistique français on pourrait créer des types d'objets qui seraient très appréciés sur les divers marchés et même exportés. On pourrait en faire aussi de jolis^ propres et résistants emballages qui « avantageraient » nos produits pour l'exportation à l'intérieur ou à l'extérieur. Soignons nos emballages ! Faisons de jolis colis-postaux ! Nos finances s'en trouveront bien.
Il n'est pas mauvais de savoir qu'en Allemagne il y a de nombreuses écoles pratiques, lesquelles forment des ouvriers habiles pour l'industrie de la paille et qui rendent de réels services. Rien qu'en Saxe il y a six de ces écoles : les procédés de fabrication n'en sont pas secrets ; c'est simplement un enseignement bien fait et sur lequel notre Office du travail pourrait renseigner aisément, par relations courtoises, les innombrables intéressés. Pourquoi n'auriona-nous pas des Ecoles analogues? Pourquoi, sur notre admirable terre de France qui produit, on vérité, tout ce qu'on lui demande, no cultiverions-nous pas la paille de 1q qualité voulue ? Pourquoi ne pas tresser admirablement de la paille avec la force motrice éparpillée qu'a inventoriée la foi convaincue de M. Henri Bresson ?
Voilà déjà une utilisation, ce semble^