‹ Actualites scientifiques (volume 2)Chapitre 68 sur 105 · OPOTHÉRAPIE · texte numérisé non relu

OPOTHÉRAPIE

Tout est recommencement dans Thistoire, même scientifique. Ainsi, tandis que nos chimistes actuels, avoc des moyens moins embrouillés que parle passé, revif^nncni tout doucement, et non sans succès, aux conceptions des alchimistes, les médecins et les pharmaciens reviennf^nï, pour leur part, à V « opothérapie »>, c'est-à-dire au traitement des diverses maladies humaines par Tingestion des différents organes d'animaux soigneusement choisis el sélectionnés.

Des savants distingués se sont voués à cette sortes do rénovation thérapeutique, et ils ont, en tout état de cause, un réel mérite à Tavoir fait. Car, aucun sujet ne prête mieux à fa plaisanterie. Professer Topothérapie, c*esL se mettre sur la limite du terrible « remède de bonne femme »>,

Cependant, si Ton considère exactement les choses, depuis toute antiquité, la thérapeutique ne peut employer pour lutter contre la maladie que des plantes, des sucs et des matières minérales. On prône les uns, on se dégoûte des autres, on change les noms suivant les époques, mais la base est la même et sera toujours la même.

Pourquoi donc, en faisant absorber au malade humain des organes choisis dans l'organisme de l'animal ([iril dévore, n'obtiendrait-on pas des résultats analogues à ceux que Ton obtient en lui faisant consommer telle ou telle

plante, telle ou telle infusion de fleurs, choisies parmi les végétaux ?

Certes le mode d'action est sinon douteux, du moins obscur. Les praticiens ont le devoir strict de ne s'y aventurer qu'avec une extrême prudence. Mais enfin, s'il y a des résultats bienfaisants, et Ton dit qu'il y en a, pourquoi nier et dédaigner ce que fournit la chose la plus irréfragable de toutes en matière scientifique : l'expérience.

Comment prépare-t-on un produit opothérapique ?

Fabrication élémentaire et délicate tout à la fois ! Il faut employer des organes d'animaux parfaitement sains et aussi frais que possible et les prendre dès que le pauvre animal est abattu.

La bête est donc choisie très saine et d'un bel aspect, ce qui lui vaut ce choix scientifique cruel. Dès qu'elle est abattue, on enlève l'organe que les thérapeutes ont désigné, on le porte dans un vase bien propre au laboratoire, on le hache finement', on le sèche mécaniquement, par essorage, puis par un séjour à Tair froid. Finalement, on le met à l'étuve à 37** C. avec du sucre.

Lorsque le produit est sec, d'une impeccable siccité, on le pulvérise et on le tamise au tamis de soie très fin.

Précieuse « pouldre », s'il en fut! On la met en pâte avec de la gomme et de l'eau, puis on divise en pastilles et pilules.

Divers spécialistes pratiquent ces préparations avec une grande perfection. Mais, quelle est leur base, et à quels maux de l'humanité souffrante remédient-elles ?

C'est ce que nous allons rapidement examiner.

A tout seigneur tout honneur! Brown-Sequard, qui n'est plus, au milieu de toutes sortes de doutes et de mauvaises plaisanteries faciles, préconisa, fabriqua, utilisa les préparations orchidiennes. Armé de ces drogues novatrices, ou plutôt rénovatrices, à la dose de 2 à 5 grammes, il lut-

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