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OPOTHÉRAPIE

tait contre la faiblesse générale, Tataxie, la sénilité, et autres accidents. Cela ne l'a pas empêché de vieillir et de mourir lui-même : mais on sait qu'en médecine le grand précepte est celui-ci : « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. »

Les préparations «thyroïdiennes», c'est-à-dire provenant de la « glande thyroïde », sont fort estimées depuis 1884. Rappelons que la glande en question est un organe situé sur la partie anférieure et inférieure du larynx et sur les premiers anneaux de la trachée-artère. En opothérapie, on l'emploie contre le goitre, le myxœdème et l'obésité, à la dose de un demi-gramme à un gramme par jour. Ce sont les moutons qui sont grands fournisseurs de glandes thyroïdes.

Deux à trois grammes par jourde « thymus » combattent aussi, énergiquement paraît-il, le goitre exophtalmique et le goitre kystique. Le thymus est le corps glandulaire situé en arrière du sternum. Souhaitons aux opothérapistes de pouvoir dire, avec un léger croc-en-jambe à l'adage anglais: « Thymus is money ».

Les pilules de « rein de mouton » à la dose de 2 à 5 grammes par jour, agissent contre l'albuminurie, la néphrite, le diabète, et l'urémie. Mais alors, en matière culinaire, le rognon, le bon rognon n'est-il pas efficace? Parfaitement ! disent les opothérapistes.

Deux à trois grammes de capsules surrénales réussissent contre certaines affections cardiaques.

Le « suc pulmonaire » donne de bons résultats dans les affections de poitrine : les anciens médicastres le faisaient ingurgiter à leurs malades sous le nom de « sirop de moa de veau ».

La « rate » est usitée dans la cachexie palustre ; le « foie » dans les cas d'ictère, de cirrhose hépatique et de diabète ; le « cœur » agit contre les irrégularités cardiaques

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et la lenieur permanente du pouls : « Similia similibus curantur ».

La « modle osseuse » a réussi, dit-on, contre le rachi- [isme et la « substance nerveuse » dans les névroses, les psychoses et Tataxie, maladies que le surmenage actuel et les façons de vivre anormales rendent de plus en plus fréquentes.

Nous pourrions citer encore d!autres produits opothérapiques et d'autres vertus de ces produits, mais il convient de nous borner à ce rapide coup d'oeil.

Ce qui est amusant à constater^ c'est que Topothérapic, par le fait, a d'évidents rapports avec l'alimentaition ba^ nale, avec la cuisine proprement dite. Se soigner, se guérir, en mangeant bien tout d'abord certaines parties des animaux, ce ne serait ni désagréable, ni fâcheux : on irait chez le boucher au lieu d aller chez le pharmacien^ excellente chose I Cela compléterait la vieille fornuile : « S'instruire en s'amîusant I »

Le bon roi Henri IV, le célèbre Béarnais, paxait, d'ailleurs, avec son aimable et légendaire gaîté, avoir pressenti les bons eJQfets de Topothérapie^ lorsqu'il se donna comme idéal de fournir chaque dimanche à chacun de ses sujets, la poule au pot.., ihérapique assurément Les opothérapistes ne sauraient nous garder rancune de leur indiquer cette antériorité flatteuse pour leurs travaux et dont la découverte, si étonnante qu'elle soit, ne donnera à aucun d'eux la chair de poule.

VIANDE CaVtE

Il se produit ea ee moment une certaine réaction bien utile contre la dangereuse mode qui consistait à ne pas faire cuire la viaadje, oxxdix moins à la faire cuire d'une façon sommaire. Les ravages de la tuberculose, accrus sans cesse par le surmenage et par ia mauvaise alimentation, ont fait serrer de près le problème : on a pris aussi rhabitude de se servir plus consciencieusement du microscope. Finalement, on a constaté qu'il était stupide de faire manger à des affaiblis, et même à des gens vigoureux, de la viande réellement saignante, à peioe saisie par une brève élévation de température, et contenant, par conséquent, toutes sortes 4e germes, lesquels ne demandent, pour évolutionner et pour se développer qu'un bon terrain de culture. Ce terrain de culture c'est, par exceîlence., l'être humain affaibli, lequel, épris de snobisme, se jette sur de la viaade crue, comme le fenrit un sauvage atavique.

Il est juste de constater, d'ailleurs^ que la mode de la viande crue &e conciliait admirablement av»ec la sorte de bousculade au milieu de laquelle vivent actuellement les gens civilisés et a^^mérés : cette mode simplifiait énormément .en effet la cuisine-. Il est évident, par exemple, que lorsqu'il s'î^it de servir en cinq minutes, à cent clients, des ceufs sur le plat, et des biftecks, on gagne un

temps précieux en ne faisant pas cuire ces aliments. Lorsque, par surcroît, la clientèle se déclare ravie et trouve que n'importe quoi est toujours trop cuit, le cuisinier n'allume plus ses fourneaux que pour la forme : les gens auxquels il envoie ses plats déjeuneraient tout aussi bien dans les pampas de TAmérique du Sud par leurs propres moyens.

Assurément, la cuisine en commun, le restaurant, sont les lieux d'élection de la viande crue. Cependant, on a mis aussi des appareils spéciaux à la disposition des amateurs qui veulent cuisiner à domicile. Il y a des modèles de fourneaux économiques vraiment dignes de ce nom, avec lesquels on mettrait certainement quinze jours pour cuire à point une côtelette. On a aussi préconisé un appareil, heureusement démodé, qui se composait de deux couvercles en fer-blanc : on mettait un bifteck, avec un peu de sel et de poivre, entre les deux couvercles, on brûlait un journal au-dessous, et servez chaud : le bifteck saignant était réalisé, dans ces conditions, avec une précision telle et une économie de combustible si parfaite que l'on n'a pas trouvé mieux.

Cependant, les hygiénistes ont fini par s'émouvoir. Ils ont pensé que le fait, pour l'homme, entre tous les animaux, de savoir faire du feu, constituait une indication. De plus, un certain nombre de gens, pour lesquels la Dame aux Camélias et V Homme- Squelette ne sont pas un idéal, protestaient contre Textinciion des feux.

On a donc procédé à des expériences méthodiques, et elles ont été tout à fait défavorables, empressons-nous de le dire, au snobisme de la viande crue.

Ainsi, le docteur Fiore, de l'Institut d'hygiène de Palerme, a mesuré la température centrale, le « feu centra » — si l'on peut s'exprimer ainsi — de morceaux de viande soumis aux différents genres de cuisson qui constituent le

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