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LA CROISSANCE

Le phénomène banal que tout le monde connaît, que tout le monde a éprouvé, la croissance des êtres, esl un des plus curieux qui se présente aux investigations de la Science.

Dans les ténèbres du passé on ne s'en demanda naturellement pas les causes ; on disait : « Cet arbre grandit, cet enfant grandit », et voilà tout.

Le fait cependant, de voir un élément microscopique se développer d'une façon incoercible pour constituer un individu énorme par rapport à son volume primitif, est assurément troublant.

Ce n'est point, empressons-nous de le dire, un mystère. Le microscope et l'analyse permettent de penser, avec preuves effectives à l'appui, que la croissance des êtres s'accomplit grâce à des réactions chimiques, lesquelles font passer 1' « énergie » vitale de l'état poteniiel à l'état actuel. La croissance se traduit objectivement d'ailleurs par un mouvement de multiplication cellulaire d'une intensité considérable.

M. le docteur Maurice Springer, ancien chef du laboratoire à la Faculté de médecine à Paris, qui vient de publier une fort importante élude sur ce sujet, lui a donné pour titre « rÉnerg^ie de croissance »,

Ce titre est bien indicatif de la direction que suivent les recherches de nos savants.

En effet les végétaux, grâce à l'énergie solaire, rapprochent, synthétisent, édifient leurs cellules. Ils produisent ainsi de l'énergie chimique et jouent le rôle d'accumulateur d'énergie.

Les animaux, en absorbant ces principes immédiats, libèrent l'énergie qui y était accumulée, et cette énergie est utilisée par leur travail physiologique. Le travail physiologique, suivant l'expression de M. Laulanié, représente (( l'énergie vivante ».

Mais, nous ne saurions ici analyser les théories émises sur l'énergie de croissance, quelque atrayantes et instructives qu'elles soient.

Demandons-nous, ce qui est l'indispensable sanction de la Science actuelle, quels résultats pratiques on peut en espérer? Or, ces résultats seront vraisemblablement fort importants. Ils consistent, en effet, à régler, à favoriser, à rendre sans danger, cette période de croissance toujours si dangereuse pour les êtres vivants et qui occasionne si souvent de cruels déchets.

Ainsi on a appris, et l'on constatera de plus en plus, que certaines substances peuvent intervenir avec grande utilité dans l'utilisation de l'énergie de croissance, les unes comme apport de cette énergie, les autres dans sa mise en mouvement. Ce sont, entres autres, les lécithines, la potasse, les oxydases, l'eau, substances que le docteur Springer considère comme éminemment productives du mouvement de croissance.

Tout le monde sait ce que c'est que la potasse et l'eau.

La lécithine, qui se trouve d'une façon typique dans le jaune d'oeuf et dans certains végétaux, est une sorte de phosphore organique dont l'origine première se trouve dans la terre végétale du sol.

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