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LE VERRE ARMÉ

Il y a toute une catégorie d'armements pacifiques sur remploi desquels on se met volontiers d'accord : ce sont les armements des matériaux. Ciment armé, béton armé, asphalte armé, rendent de grands services à la construction en général ; leur fabrication consiste à noyer dans une matière plastique, et qui durcira, un squelette de fils métalliques.

Le verre ne devait pas échapper à cette formule. Nous sommes, en effet, comme le disent les spécialistes, dans « Tâge du verre ». On aime et l'on pratique, de plus en plus, les grands halls vitrés, les marquises, les vérandahs, où circulent largement l'air et la lumière.

Encore ne faut-il pas que dans le cas de rupture on reçoive sur la tête de dangereux éclats. Armer le verre d'un treillis empâté dans la masse était donc chose tout indiquée, et, depuis une vingtaine d'années, de nombreux inventeurs se sont attachés à en donner des formules de fabrication. Les verriers, grâce aux recherches obstinées du savant maître verrier, Léon Appert, ont rendu enfin cette fabrication absolument courante. Il ne manque qu'une chose au verre armé, c'est, du moins en France, de ne pas être suffisamment connu : aux États-Unis et en Allemagne, il est déjà largement pratiqué. En effet, à ses qualités de

résistance, il joint la qualité précieuse d'être, comme le disent les Américains dans une formule concise : fire proof, stone proof^ et burglar proof, c'est-à-dire défensif contre le feu, contre les pierres, et contre les voleurs.

Certes, par suite de la présence du réseau métallique dans sa masse, le verre armé se laisse traverser un peu moins facilement par la lumière que le verre ordinaire. Mais la perte est très faible, grâce aux procédés de fabrication récemment combinés et qui comportent des réseaux à larges mailles constituées par des fils très fins.

Les fils employés sont, soit les fils d'acier remarquable dont on se sert pour faire les cordes de piano, soit de Tacier au nickel contenant 44 P- loo de nickel et dont le coefficient de dilatation, entre les températures extrêmes de i5 et 120° centigrades, se trouve être exactement le même que celui du verre de Saint-Gobain.

En principe, rien ne semble plus simple que de fabriquer ce verre armé en laminant du verre en fusion de part et d'autre du treillis en métal.

Dans la réalité, ainsi qu'il est résulté des patientes études de M. Léon Appert, le verre armé ne possède la cohésion, la résistance et la durée que l'on requiert, que s'il remplit , comme fabrication, certaines conditions primordiales.

Il faut que la soudure entre le réseau métallique et la substance vitreuse soit complète et parfaite, c'est-à-dire que, malgré les variations de température, il ne se produise, ni fente, ni éclatement.

Il faut aussi que le réseau soit placé d'une façon régulière à égale distance des deux faces de la plaque de verre sortant du laminage.

On peut penser que ce réglage d'opérations est particulièrement délicat, alors que l'on opère sur un verre dont la température de fusion est de i.'eoo* centigrades environ. Les recherches faites ont montré que les verres les plu»

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