LA SCIURE DE BOIS
qu'elle contient vont se séparer d'elle : ils sont, dès lors, prêts à servir d'agglutinanl ; od envoie la sciure à la presse hydraulique qui la moule en briquettes suffisamment consistantes pour être maniées et transportées sans s'effriter.
En Suède, à Fagersta, on agglomère la sciure avec un mélange, opéré au malaxeur, de i3 p. loo de goudron. D'autres opérateurs, dans les régions des grandes scieries, font de la distillation proprement dite, au four tournant. La sciure est chargée dans de grands cylindres lournants, à axe incliné et à palettes intérieures servant de racloirs. On en retire du charbon de bois d'excellente qualité et des produits de distillation, goudron, acide acétique et acétone.
Quelle règle peut guider le producteur involontaire de sciure dans le choix entre ces différents procédés? Tout simplement la quantité de celte production et sa constance. Jusqu'à un certain chiffre de production, il est avantageux de brûler la sciure. Au delà, on a avantage à faire les frais d'une installation de fabrication de briquettes ou de distillation. Ce sont là des éléments aisés à établir et à calculer pour peu qu'on le veuille.
On préconise aussi, depuis quelque temps, les usages agricoles et horticoles de la sciure de bois, notamment comme fixatif des éléments fertilisants, entre autres du précieux azote. L'emploi direct de la sciure dans le sol ne vaut rien, en raison de la faible teneur propre en azote de cette matière et de ses propriétés physiques d'étouffoir. Mais, en la faisant tout d'abord passer par l'emploi de litière pour les animaux, qui s'en trouvent assez bien, on obtient un fumier aussi bon que le fumier de paille pour les sols légers et peu calcaires. Bien entendu, ce fumier doit être traité comme le fumier de ferme ordinaire, c'està-dire qu'il convient d'éviter son échauffement, de l'arroser au purin et pour une conservation un peu longue, d'en stralifier les tas avec des couches de chaux vive en ayant
soin de retourner et de pelleter les tas, de temps à autre.
En horticulture, on recommande la sciure pour ameublir, pour rendre plus poreuses et plus légères les terres argileuses, et aussi pour améliorer les terres sablonneuses, en entretenant une humidité propice et favorable à la végétalion. Dans ce dernier ordre d'idées, la sciure peut jouer aussi le rôle de paillis et entrer dans la confection des couches pour la préparation des butlages de plants de pommes de terre et d'asperges.
On a proposé finalement de faire usage de la sciure pour l'alimentation direcle des animaux, en la mélangeant, bien entendu, avec du son, des grains concassés, de la betterave. C'est là évidemment, une façon indiquée de faire de « l'alimentation cellulosique ». Mais, cette alimentation demande à être pratiquée avec une extrême prudence : tous les animaux n'aiment pas à manger leur litière ni ce qui peut la remplacer d'analogue. Déplus avec la sciure, à moins d'observer un criblage méticuleux, on peut toujours redouter l'introduction dans l'appareil digestif de petits éclats de bois susceptibles de provoquer l'inilammation, parfois la perforation : les relations de bon voisinage entre l'étable et la scierie doivent donc être surveillées avec un soin extrême.
Quoi qu'il en soit, il y a beaucoup à retenir pour de nombreux intéressés, des résultais obtenus dans l'utilisation du considérable déchet des usines travaillant le bois. Souvenons-nous que lors du début de la fabrication du gaz d'éclairage on enterrait, comme déchet, dans des fosses proches des usines, le brai de gaz, cette source incomparable et précieuse des matières colorantes artificielles. On enfouissait ainsi l'anthracène, le phénol, l'aniline, la benzine, le benzol, loutccl arc-en-cielde couleurs auxquelles, à ce que nous affirme la légende, rêvait Peau-d'Ane ! Que l'ejtemple du brai de gaz serve à la sciure de bois !
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