LE GAZ A L'EAU
tout) d'avoir recours à l'éclairage par l'incandescence. Or, avec l'éclairage par incandescence dans lequel les mailIeB seules des manchons produisent de la lumière, le gaz à l'eau, est évidemment bien mieux indiqué que le gaz de houille. Il permet, en effet, de supprimer l'afflux d'air supplémentaire qui, dans le bec Bunsen, a pour mission de compléter la combustion et de briller à fond les particules solides tenues en suspension dans la flamme. Le résultat est un rendement lumineux beaucoup meilleur.
Il ne faut pas croire, d'ailleurs, que le gaz à l'eau et le gaz de houille se feront une guerre impitoyable : il est probable, ainsi que le pensaient les précurseurs, que les deux fabrications se concilieront.
Si l'on considère diverses installations faites, depuis quelques années dans certaines grandes villes, on constate que les appareils de production du gaz à l'eau annexés à une usine de gaz de houille en sont un utile accessoire lequel deviendra peut-être indispensable par la suite, car il présente de multiples avantages consistant on ceci : abaissement du prix de revient du gaz produit, utilisation sur place d'une partie du coke, enfin, régularisation de la production du gaz de bouille, par conséquent, réduction des frais d'entretien des appareils producteurs.
Les forges, les ateliers de chaudronnerie, toulesles industries en général dont la fabrication comporte des chauffages à température élevée ont intérêt aussi à recourir au gaz à l'eau : il met économiquement à leur disposition les hautes températures souhaitées, et il le fait avec propreté et rapidité.
Donc, et pour nous résumer, il y a là un moyen d'action industriel efficace et pratique. Les raisons {si l'on peut s'exprimer ainsi) qui s'opposent à sa propagation sont inexactes et reposent sur des préjugés. Il convient, dans l'intérêt général, de fairejusticedeces préjugés. Alors que
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les Anglais et les Américains reodenl diverses fabricatiODs économiques et rapides en employant le « producer gas », le « haïr producer gas », le « mixedgas«,le(. powergas», pourquoi nous obstinons-nous à ne pas employer le « gaz à l'eau », qui est tout justement et identiquement la même chose ? Nous avons d'autant moins le droit de nous y obstiner que ce sont des recherches desavants et d'ingénieurs français qui ont créé, en quelque sorte, la fabrication du « gaz à l'eau ». Ainsi que cela se produit si souvent, nous avons laissé l'invention faire ses preuves à l'étranger: peut-être ne faut-il pas qu'elle y laisse tous ses bénéfices.
SCinRE DE BOIS
La sciure de bois dont l'industrie accumule, sur certains points, d'importants dépôts, est en passe de sortir de son fâcheux étal d'encombrant déchet, grflce aux recherches scientifiquement appliquées qui ont été faites. Ses divers emplois sont un chapitre actuel de conquête sur « l'in utilisation » ; à ce titre, nous allons les jiasser rapidement en revue.
Il y a, tout d'abord, comme on peut le penser, la combustion de la sciure dans des foyers de chaudières à vapeur en vue de produire de la force motrice résiduelle, ou bien de la chaleur pour le séchage en éluve. D'ingénieux foyers, des grilles à grande surface et à gradins, des gazogènes, ont été combinés et brevetés dans ce but :quelquesuns de ces appareils sont automaliiiues. Ils donnent des résultats satisfaisants moyennant quelques précautions préliminaires pour sécher la sciure, laquelle contient parfois jusqu'à 50 et 5o p. 100 d'eau. A l'heure actuelle, lorsque l'on produit industriellement de la sciure, et lorsque l'on ne la brûle pas utilement, c'est qu'on ne le veut pas : les bons exemples à suivre sont nombreux.
Mais, il y a mieux ù faire dès lors que la production de ce déchet atteint une certaine importance. Dans un avenir plus ou moins prochain, on peut considérer que l'on ne se fl débarrassera » pas de la sciure ainsi qu'on le faisait dans le passé : on la mettra en œuvre de bien des façons. Le
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seul problème à rt'-soudre sera de réunir, sur des points bien délerminés, le déchet devenu matière première.
La chimie s'est emparée de la sciure. Elle l'emploie pour la fabrication de l'acide oxalique, d'après le procédé Capitaine et Herlings, pour la fabrication de l'alcool éthylique par le procédé Classen, et pour la préparation de la glucose d'après le brcvist Renaud et Bonna.
Dans le domaine de la physique confinant à celui de la chimie, la sciure sert à réaliser l'épuration du gaz d'éclairage : elle intervient comme corps divisant du mélange épurateur de sulfate ferreux et de chaux hydratée. On s'en sert aussi pour le filtrage des huiles épurées par l'acide sulfurique.
Les mécaniciens font intervenir la sciure, après un premier polissage, pour le séchage des robinets en fabrication et en général des petites pièces de cuivre et de bronze. Rien ne sèche aussi bien que cette poudre de bois fluide, pourvu qu'elle soit bien sèche elle-même et pourvu qu'elle ait le degré de consistance voulue.
Les pièces métalliques sont introduites avec la sciure dans UD tonneau qui tourne lentement autour de son grand axe et le nettoyage est parfait.
Autre application :
On fait de si excellentes briquettes avec toutes sortes de poussières de houille, que l'idée était toute naturelle de faire des briquettes de sciure de bois. Mais, les premiers essais eurent peu de succès ; la sciure est difficile à agglomérer : les briquettes obtenues s'effritaient, ou bien, elles étaient cassantes.
Cependant, ainsi qu'il est résulté des rapports du jury de l'Exposition de 1900, le problème industriel de la briquette de sciure est résolu, en Autriche et en Suède.
En Autriche, la sciure est chauffée à sec jusqu'au moment où, avant de se gazéifier, les éléments goudronneux