UTILISATION DES DÉCHETS
nuait énormément devant la mise en pratique de procédés nouveaux, nolamment des procédés électriques, peut-être, probablement même, faudrait-il distiller de la houille dans des usines spéciales uniquement dans le but d'en tirer la précieuse matière première de diverses industries qui se nomme le goudron.
Dans un domaine voisin du goudron, nous trouvons un autre produit dédaigné: c'est l'huile de schiste provenant de la distillation des schistes gris des terrains houillers de Sa6ne-et-Loire. L'huile de schiste, qui est un hydrocarbure voisin, comme composition, des pétroles, a passé, comme on dit, un mauvais quart d'heure, lorsque ces pétroles d'importation sont entrés dans la consommation. On l'a reléguée en lui reprochant sa composition modeste au point de vue calorifique, son odeur en brûlant, son impureté relative. C'est donc devenu une industrie médiocre que de distiller du schiste.
Mais, voici que des études récentes ont montré que t'huile de schiste est très bonne pour fournir la force motrice à des moteurs à gaz et que de plus elle coûte beaucoup moins cher en raison de son origine. Une élude du savant chimiste George-F. Jaubert nous montre que rhuile de schiste, sauf quelques points de détail insignifiants, se comporte exactement, dans de bons moteurs à gaz tonnant, comme se comporte le pétrole lampant et fournit allègrement la même force motrice. Cette indication n'est pas à négliger lorsque l'on considère l'utilité générale qu'il y a à abaisser le prix de revient de la force motrice.
Autre question pratique analogue.
Les petites usines agricoles qui brûlent du charbon pour actionner des locomobilcs ou des moteurs fixes, n'obtiennent, en thèse générale, le cheval-heure de puissance disponible qu'avec une consommation de 3 à 4 kilogramme ;
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de charbon, soit à un prix de revient qui e^t sommairement de 20 à 3o centime» par cheval-heure.
M. Henri Bresson est intervenu à ce sujet en montrant les ressources en force motrice que l'on peut tirer de la u houille verte », c'est-à-dire, pour Tutilisafion, dans les usages agricoles, de la force motrice disponible sur les barrages abandonnés des cours d'eau non navigables ni flottables.
Déjà, ce persévérant et désintéressé promoteur, disons plus, inventeur de la « houille verte » a littéralement ressuscité quantité de vieux moulins abandonnés qui font et feront une enragée besogne. En immobilisant un capital de i.5oo francs par cheval hydrauhque, il est possible, d'après ce qui résulte d'une récente communication de M. L. Bordenave à l'Académie des sciences, d'obtenir le « chevalheure utile » au-dessous de 10 centimes. Ce sera donc comme dans les appareils automatiques qui tentent le public dans les gares de chemin de fer : vous mettez une pièce de 10 centimes dans la fente et il vous sort un cheval-hydraulique,
Fort bien I Cela est réalisable, indiqué, nécessaire. Mais il faut compter avec les pénuries d'eau, parfois avec les désastreuses sécheresses, et aussi avec les arrêts mécaniques, d'ailleurs très rares, des moteurs hydrauliques.
Dans ces conditions, il est toujours prudent, et peu coûteux, de joindre à l'installation de force motrice hydraulique, un petit " moteur de secours » à vapeur.
Allons-nous alimenter la chaudière de ce moteur de secours avec de la houille ? Ce ne serait pas pratique dans bien des cas, car cela suppose des approvisionnements de combustible coûteux et de conservation malaisée.
Ici encore il y a une bonne solution de la question.
Des expériences faites par M. L. Bordenave dans les usines de MM. Menier, à Noisiel, il résulte que l'on peut se
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procurer de la force motrice à vapeur « de déchet », en brûlant dans les gazogènes des foins inférieurs, des pailles de blé et d'avoine, des feuilles mortes, des joncs, des roseaux. Tout cela brûle très mal, et sans résultat effectif, sur les grilles des chaudières à vapeur : mais dans les gazogènes, dont il y a plusieurs types pratiques et excellents, cela se distille très bien. On peut, dès lors, actionner des moteurs à gaz, des moteurs dits « à gaz pauvre » et obtenir la force motrice à très bas prix.
L'auteur de ces recherches pense surtout à des usines centrales agricoles d'une certaine importance ; mais d'ores et déjà, le gazogène peut être vulgarisé. Les pailles de blé et d'avoine distillent admirablement comme on pouvait le penser : les joncs, les roseaux, les mousses, les foins avariés ou de prairies marécageuses, demandent à être, tout d'abord, séchés à l'air et à l'abri : les feuilles de hêtro et de chêne, puis celles de platanes et de marronniers, sont d'une bonne utilisation. Enfin, dans certains cas, on peut joindre à la ration du cheval-hydraulique des sciures, des frisures et des déchets de bois, qui apportent un excellent concours.
Nous ne voulons pas donner de prix de revient précis du cheval-heure dans ces conditions : cela dépend par trop des ressources de la région et des facilités locales. D'une façon générale, le prix de revient du « cheval-heure de secours » paraît devoir varier entre 6 et 8 centimes. Dans ces conditions, les bons petits moteurs à gaz pauvre, alimentés par des gazogènes; et brûlant des déchets agricoles, sont indiqués comme devant être les auxiliaires de la « houille verle » dans les utiles efforts de sa r et dans l'évolution de son progrès.
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