CIEL ÉTOILE
Nous avons eu en 1904 quelques pluies d'étoiles filantes noUmment d'assez fortes averses de Perséides au mois d'août, et de Léonides ainsi que de Bîélides, en novembre. Malheureusement l'état du ciel, généralement couvert, n'a guère permis de les observer à loisir. Nous n'aurons pas vu « neiger des étoiles filantes », comme cela se produisit paraît-il, en 1766, en 1799 et en i833.
En novembre i833, un cultivateur américain, qui avait assisté à l'averse, s'écarquillait les yeux la nuit suivante, car, à en juger par le nombre d'étoiles qu'il avait vu tomber la veille, il croyait n'en plus retrouver dans le ciel. Le brave homme n'avait pas entendu dire, comme nous, que les étoiles filantes sont probablement les débris incandescents, soit des comètes, soit de planètes, qui se sont brisées dans l'espace.
Ce qui est certain, c'est que les étoiles qui font partie de notre éclairage terrestre nocturne ont continué, comme par le passé, à nous cligner des yeux, sans que le nombre que l'on aperçoit ait dimjnué ni augmenté d'une façon apparente. Ce sont toujours les gentilles petites lumières auxquelles le grand poète Sully-Prudhomme adressait naguère ses délicieux vers :
Vos lueurs, dans l'infini noir.
Ont des tristesses douloureuses.
Vous ! Les étoiles ! Les aïeules
Des créatures et des Dieux,
Vous avez des pleurs dans les yeui I,..
Elles ont dit : ■ Nous s<
Seules sans doute, ces aimables étoiles, mais cependant bien entourées. A la vérité nous pouvons nous plaindre poétiquement aussi, qu'elles tiennent modestement notre Terre à dislance. On a calculé cette distance pour une trentaine d'entre elles et les chiffres sont suggestifs. Celles de la constellation du Cenlaure sont les plus rapprochées : elles ne sont qu'à « quarante et un trillions de kilomètres » de la Terre et leur lumière met quatre ans à nous parvenir. L'étoile nommée Croombridge délient en sens inverse le record : elle est à « huil cents Irillions de kilomèlres » de nous et sa lumière met soixante-douze ans et dem & nous parvenir. Combien d'êtres humains meurent sans avoir reçu !e rayon lumineux de Croombridge qui, le jour (le leur naissance, s'élançait des profondeurs du ciel vers leur berceau.
Les plus belles étoiles à voir dans les instruments astronomiques de moyenne et même de petite puissance, sont les étoiles doubles, dont on nomme les couples les plus lumineux les « diamants célestes ». C'est un ravissant spectacle, car non seulement ces étoiles sont éclairantes, mais encore, ce que l'on sait moins et que l'on aperçoit moins aisément, elles sont colorées. Pour les représenter fidèlemenl, ainsi que l'a dit l'éminent astronome Camille Flammarion, « il faudrait pouvoir tremper son pinceau dans l'arc-en-ciel et jeter ces gouttes de lumière céleste sur le fond pur et calme du ciel de minuit b.
Les couleurs des éloiles sont translucides, d'une richesse et d'une variété admirables, jaune d'or, rubis, émeraude,