NOTRE ATMOSPHERE
Quoi qu'il eu soit, dans un voluma d'air atmosphérique respirable, l'argon représente un centième du volume : on s'en assure, et c'est ce qu'ont fait MM.Rayloighet Rameay, en dévorant successivement l'azote, sous forme nitriquei puis l'oxygène. Il faut convenir que ce n'est point là une proportion négligeable.
La proportion de vapeur d'eau, dans notre atmosphère, est par contre tout à fait variable, et cela se conçoit. C'est l'écran, le matelas, qui nous préserve des vicissitudes thermiques. " Si l'on supprimait la vapeur d'eau, a dit le savant Tyndall, il y aurait, à la surface du sol, une déperdition de chaleursemblableà celle qui a eu lieu aux grandes altitudes. » Ce serait une belle u envolée », mais dont la Terre resterait gelée, à tous jamais. Qui sait, d'ailleurs, si ce n'est pas là une des formes banales de la mort des planètes dans l'espace?
La H grande moyenne » que représente ' l'acide carbonique atmosphérique normal diffère peu de 2,9 à 3. C'est la Terre qui le fournit et il joue un rôle physiologique assez imparfaitement déterminé dans la respiration. Peut-être dans de certaines conditions est-il une sorte de réserve gazeuse d'oxygène et de carbone, ou bien un fixatif de ■ certains produits délétères pour l'organisme et s'y trouvant en excès.
Il en est de même de l'ammoniaque. D'après M. Schloesing, la mer est la source principale de l'ammoniaque aérienne : elle en renferme, en effet, quatre dixièmes de milligramme par litre dont une partie passe dans l'air en vertu de sa tension.
Cela nous amène à parler de ce que l'on appelle assez communément « les miasmes ».
Certes les beaux travaux de l'illustre Pasteur et de ses élèves, en établissant le rôle des germes, des >< infiniment petits » organisés, en même temps que leur présence dans
les poussières de l'air, onl diminué, dans une très large mesure, la confiance que l'on apportait aux explications des théories miasmatiques. Mais, par ailleurs, les travaux des physiologistes ont mis en évidence de véritables poisons gazeux, desptomaïne», dont le rôle serait bien celui que l'on attribuait aux miasmes. Ëmanations! disaient les savants attachés à celte théorie. Or, pour expliquer certaines actions du radium, de la radio-activité, mise en évidence par les belles recherches de M. et Mme Curie, on n'a pas trouvé d'autre ternie que ce vieux terme énigmatique : l'émanation ! Brown-Sequard et d'Arsonval disent que la vapeur d'eau exhalée des poumons peut déterminer la mort de lapins auxquels on en fait l'injection. MM. Dastre et Loye reconnaissent aussi, en principe, l'existence d'une substance toxique dans l'air.
Si la composition générale de l'air, telle que la constatent les appareils et les méthodes de recherche actuels n'accuse pas, à proprement parler, la présence et l'existence des miasmes, encore semble-t-il qu'il y a, dans cette combinaison complexe atmosphérique quelque chose qui répond à la conception vague que l'on s'en fait : on ne peut ni les démontrer, ni les nier, et il n'y a jusqu'à nouvel ordre d'autres moyens de s'en préserver que le grand renouvellement de l'air que l'on respire «et que les aoins d'hygiène.
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LES CATAGLYSBIES
La cruelle éruption volcanique qui a navré la Martinique a rerois en discussion toutes les hypothèses que l'on a failes et que l'on fait — faute de mieux — sur la constitution de la Terre et sur le rôle planétaire, qui est comme son existence. Peut-on prévoiries cataclysmesdece genre? Doit-on les prévoir? Chacun donne son avis, ce qui n'avance guère, empressons-nous de le dire, pour la solution de la question.
Ce qui est bien certain, c'est que la science d'observation exacte esl d'origine si récente que nous connaissons à peine les allures de la boule terrestre sur laquelle nous sommes emportés comme des grains de fine poussière.
Ainsi, les astronomes avaient reconnu naguère que la Terre est animée de onze mouvements parmi lesquels il y en a de forts inquiétants en ce qui concerne la culbute, entre autres la précession des équinoxes et le déplacement du centre de gravité du système solaire, centre qui est déterminé par les positions variables des planètes. 11 y a là de jolis éléments pour chavirer un jour ou l'autre.
Par surcroit, on vient de découvrir l'existence d'un douzième mouvement, celui du pôle terrestre. 11 est de i5 à 17 mètres par an et fait varier les latitudes que l'on croyait, jusqu'alors parfaitement immuables ! Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que notre « plus
lourd que l'air .> terrestre, éprouve de temps à autre quelques secousses dont les manifestations sont l'éruption volcanique, le ras de marée, ou relfondrement des montagnes.
On a compliqué tout cela d'ailleurs, en prétendant qu'il y a un (1 feu central » terrestre, c'est-à-dire que la Terre serait formée d'un noyau incandescent entouré par une simple croûte solidifiée. C'est l'hypothèse simple par excellence, attendu que, dans ces conditions, l'eau de la mer pourrait s'infiltrer par des fissures sur la masse en ignition et provoquer les violentes éruptions que l'on connaît, de gaz, de boues chaudes, et de laves.
Une moitié environ des savants professionnels admet cette hypothèse: l'autre moitié la déclare absurde: parfois de violentes polémiques s'engagent. Ce qui est bien certain, c'est qu'il est facile de nier l'existence du feu central, et difficile de la démontrer. Les partisans du feu central ont donc le mérite d'aborder la difficulté, mais ils n'y réussirent pas sans peine.
Un de leurs principaux arguments, en dehors de calculs à perte de vue et qui ne signifient pas grand'chose sur la densité du globe terrestre, consiste en ceci : Quand on s'enfonce en terre, par un puits de mine par exemple, à chaque enfoncement de lo mètres correspond une augmentation de température de i' centigrade environ, fort discutée d'ailleurs, et souvent supérieure à ce chiffre. Donc on doit logiquement se rapprocher d'un foyer de chaleur en plongeant dans le sol.
Balivernes I disent les adversaires du feu centrai. Car, il y a en mer des gouffres qui ont 6.000 mètres de profondeur: l'eau devrait y bouillir, mieux que cela, s'y vaporiser à la température de 600'' centigrades au moins. Or, en faisant des sondages on a observé la température de celte eau : elle est de 2" centigrades au-dessus