LES CATACLYSMES
de zéro, et invariable à partir d'une faible profondeur.
Les partisans du feu central répondent que cela lient au plissement terrestre, lequel a formé les gouffres et constitué dans leurs profondeurs des épaisseurs de terrain qui empficlient la chaleur du foyer de se propager à l'eau. L'explication est tout à la fois ingénieuse et scabreuse. On objecte aussi, à la théorie du feu central, les grandes et insupportables chaleurs que l'on rencontre en . perçant des tunnels dans les montagnes, et qui navrent les ingénieurs- Au Golhard, au Simplon, on a trouvé de 3o à 47" centigrades. Cependant, ce n'est pas se rapprocher du centre de la Terre que de percer un tunnel dans une montagne. Les partisans « du foyer » répondent qu'il y a là un « équilibre géothermique », c'est-à-dire que la Terre est comme une orange dont les diverses couches concentriques, suivant la direction du rayon terrestre, seraient à une température constante. L'explication est agréable, mais évidemment fort discutable aussi.
La conclusion certaine, et il faut le reconnaître avec une sage modestie, c'est que l'on ne sait pas grand'chose de Tallure de tous ces phénomènes ; il faut vivre avec eux en attendant les explications exactes que l'on pourra peut-être donner, ou bien, s'attendre aussi aux grands cataclysmes que rien ne fait prévoir et que rien non plus n'empêche de prévoir.
Les gens qui aiment à se rassurer par des hypothèses font bien de se rallier à celle du feu central : ainsi que nous l'avons dit, c'est la plus simple.
Quelques savants pensent cependant qu'il y a simplement des foyers de chaleur, dus à des actions chimiques en divers points du globe etdont les volcans seraient comme les soupapes de sûreté. De temps à autre, lorsque le feu aurait suffisamment couvé, un craquement du sol,
OU bien une action chimiqoe, rejetteraient au dehors ce qui s'est accumulé dans ses poches terrestres.
Cette exphcation est assez vraisemblable, car tous les volcans connus ont rejeté et rejettent toujours à peu près les mêmes déjections, composées de matériaux fondus et de gaz que l'on connaît très bien à la surface du sol et dans l'atmosphère. Si les matières rejetées provenaient des grandes profondeurs de la Terre, où la haute température aurait tout fondu et tout vaporisé, on trouverait bien autre chose que des laves, de la boue et de la pierre ponce dans les éruptions volcaniques. On y trouverait notamment des métaux, de l'argent, de l'or, du platine, et alors on ne redouterait plus les éruptions volcaniques, on les attendrait avec impatience : les volcans crachant de l'or seraient surveillés comme des Klondikes et des Transvaals : on s'efforcerait sans doute aussi de faciliter les éruptions.
Mais jusqu'à présent, les volcans se sont refusés à jouer ce rôle; ils ne répandent autour d'eux que des matières suffocantes, stériles, et ne sont célèbres que par la dévastation, la ruine et le deuil. Lorsque l'on relit, dans les auteurs de l'époque, les récits de l'éruption du Vésuve qui détruisit Herculanum et Pompei, il y a environ mil huit cent vingt- trois ans, on les trouve sensiblement identiques à ceux que publient les observateurs du cataclysme de la montagne Pelée à la Martinique. Sauf un certain nombre de termes géologiques récents et, en dépit des hypothèses spécieuses, la Terre ne s'est point arrêtée de tourner et ses soupapes de sûreté volcaniques fonctionnent d'une façon qui paraît identique.
La conclusion philosophique que l'on en peut surtout tirer, c'est que les siècles, dont l'orgueil et l'imbécilité humaine font de longues périodes remplies d'émotions et de souvenirs, ne sont que d'infiniment petites périodes
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