LE GRAND RÉGULATEUR
C'est de la mer que nous voulons parler ici et c'est comme grand régulateur de lempérature que nous la considérerons. Gela en vaul la peine, car sans cet énorme matelas liquide qui réchauffe ou qui rafraîchit suivant les cas, le séjour sur notre Planète la Terre serait évidemment impossible : rien ne mattriscrail la violence des élévations et des chutes de température provenant du fonctionnement solaire.
Comment, tout d'abord, la mer soumise chaque jour à réchauffement diurne ne subit-elle pas une élévation lente et progressive de température dans ses profondeurs ?
Il convient de l'exphquer.
Si l'on comparait le régime maritime au régime thermique de l'écorce terrestre, la conclusion serait l'élévation de température. Mais les propriétés physiques de Teau font qu'il n'en est rien. En effet, la surface de l'Océan réfléchit, sans Tuliliser en quelque sorte, une grande partie de la chaleur incidente : de plus, la vapeur d'eau est opaque aux radiations obscures dont le rôle physique considérable est de plus en plus évident. 11 en résulte que la chaleur réRéchie se maintient dans les couches d'air les plus basses et les plus saturées d'humidité : une assez grande partie de la chaleur reçue sert à produire une évaporalion et par conséquent elle n'est pas et ne peut pas être employée à
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élever la température de la masse liquide. Eofin, l'eau de surface refroidie au contact de l'air, alourdie, rencontre, en descendant, des couches moins froides qui ralentissent puis qui arrêtent sa descente. Finalement, à une profondeur relativement très faible, la température de l'Océan est sensiblement constante et c'est ce qui lui permet déjouer, pour l'air d'abord, puis pour les continents, le rôle de puissant régulateur dont nous avons parlé en commençant.
En règle générale, les continents sont plus froids que la mer en hiver et plus chauds en été. Il en résulle que, pendant l'été, l'air échauffé au-dessus des continents, principalement vers les Tropiques, et dilaté, s'élève. Trois centres de dépression barométrique continentaux se produisent ainsi d'une façon régulière, au Mexique, dans le Sahara et dans l'inconfortable Désert de Gobi, en Asie, C'est là que se dirigent les vents. Le phénomène inverse a lieu en hiver et les vents convergent alors des continents froids vers les centres océaniques de dépression situés dans le Pacifique et au voisinage des Açores.
Cela explique bien comment il peut y avoir des variations considérables dans l'allure des saisons.
En effet, supposons une période de grandes taches solaires comme celle par exemple que nous venons de traverser : les hivers ont été doux et les étés très chauds. Il y aura donc eu un « tirage exceptionnel » par les trois grandes cheminées du Mexique, du Sahara, et du Désert de Gobi. C'est à ce point que certains auteurs ont voulu conclure à une diminution de la chaleur solaire à l'époque du maximum des taches solaires observées. On a émis l'hypothèse <]ue les taches agissaient comme des écrans et réduisaient la radiation.
Blanford s'est chargé de donner l'explication vraiment plausible en prenant précisément comme base « le grand régulateur » terrestre.
La température que l'on observe est celle de la couche inférieure! de l'atmosphère aux stations continentales : elle doit être déterminée, non par la quantité de chaleur qui tombe sur l'extérieur de la planète, mais par celle qui pénètre jusqu'à la surface de la terre, principalement jusqu'à la surface du globe. Or, la plus grande partie de la surface de la Terre étant recouverte d'eau, l'effet principal immédiat de l'augmentation de la chaleur doit être l'augmentation de l'évaporation, et, par conséquent, comme résultat, les nuages et la pluie. Mais une atmosphère nuageuse intercepte la plus grande partie de la chaleur solaire, et la réévaporalion de la pluie tombée abaisse lo température de ia surface où se produit l'évaporation ainsi que celle de ia couche d'air en contact avec elle. La chaleur mise en liberté par la condensation des nuages augmente certainement la température de l'air à l'altitude de la couche nuageuse ; on a, simultanément, deux causes en œuvre tendant également à diminuer ta température de la couche inférieure. Comme conséquence, il est logique qu'à une augmentation dans la formation de la vapeur et, par suite, de la pluie, résultant d'une augmentation de la radiation, corresponde une basse température de Tair à la surface de la Terre.
Il est évident aussi que la majorité des circonstances tend à faire de la mer l'agent régulateur de la climatologie du globe et que ce régulateur se prête avec une merveilleuse souplesse aux variations de celte climatologie.
L'eau de surface est, en général, plus chaude de i° environ que la couche d'air qui la recouvre immédiatement. Quant à la température de la masse, e% diminue de la surface au fond, d'abord assez rapidement, puis très lentement jusqu'à une profondeur qui varie, suivant les régions maritimes, en 700 et 1.100 mètres. Là, on trouve une température que l'on peut considérer comme sensible-
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