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POURQUOI LA MER EST ELLE SALÉE

Aux phénomènes de dissolution des matières solides donl la salure est un des témoignages, vient se joindre un autre phénomène fort curieux et connexe : c'est la « respiration de la mer ». Par une sorte d'énorme pulsation il y a une communication constante entre l'atmosphère et les couches d'eau profondes de l'énorme réservoir. C'est ainsi que se renouvelle indéfiniment la provision d'oxygène nécessaire à la respiration des êtres qui vivent dans les profondeurs, et qui, sans cela, périraient asphyxiés. MM. Thoulet et le docteur Regnard ont étahli l'allure de ce phénomène par d'intéressantes expériences. En supposant une colonne liquide aussi haute qu'on le voudra dont le bas serait absolument privé d'air, mais dont la partie supérieure serait en communication avec l'atmosphère, cette colonne ne cesserait de s'aérer « par convection » de haut en bas et par dissolution de l'air de proche en proche. Ainsi s'explique comment, dans la longue succession des siècles et des siècles, s'est opérée et s'opère encore la dissolution chimique des gaz dans les profondeurs des mers : les savants de l'antiquité et du moyen âge en étudiant cette question au milieu de toutes sortes de préjugés et d'erreurs scientifiques, se rapprochèrent beaucoup, comme nous l'avons dit, de ce que l'on peut actuellement considérer comme étant la vérité : c'est une constatation curieuse à faire sur ce sujet d'une extrême complexité.

NUAGES ET BRODILURDS

Nous étonnerons peut-être quelques-uns de nos lecteurs en leur disant que nous allons leur parler de nuages et de brouillards.

Oti sait bien ce que c'est, nous dira-t-qn ! H n'y a qu'à regarder en l'air, ou autour de soi, pour connaître parfaitement ce qui correspond à ces deux termes de notre météorologie. Assurément ! d'une façon générale, et si Ton se contente de l'examen sommaire de ces phénomènes usuels.

Mais, pour peu que l'on 'Se préoccupe de rechercheP leurs causes, on aperçoit bien vite, et tous les savants sont d'accord à ce sujet, qu'il s'agit de phénomènes assez obs-* curs et compliqués.

De nombreuses théories ont été essayées pour en donner une explication plausible et exacte dans tous les cas très divers qui se présentent.

On sait que les nuages et les brouillards sont formés de gouttelettes liquides pleines, et non pas de vésicules creuses. C'est même ce qui rend malaisée, dans de certaines circonstances, l'explication de leur suspension et de leurs promenades aériennes.

Un nuage qui se tient, pendant quelque temps, dans un air relativement calme n'est pas toujours constitué, en réalité, parles mêmes gouttelettes liquides. Ces goutte-

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NUAGES ET BUOUiLLARDS 87

leltes tombenl sans cesse, traversant des couches plus ou moins humides el plus ou moins chaudes, où elles ne Cessent de s'évaporer et de se condenser à tour de rôle. De là, de perpétuelles modifications dans la constitution intime d'un nuage, encore que sa forme générale ait pu rester la même.

On s'est enfin demandé, dans ces derniers temps, en raison des progrès accomplis dans les connaissances électriques, quel rôle joue l'électricité atmosphérique dans le M processus » de ces phénomènes? Ce rôle semble être très important.

Elster el Geitel proposent de l'expliquer au moyen de la théorie des « ions » esquissée par Faraday et qui, combattue par Clausius el Arrhenius, célèbres physiciens, a repris depuis quelque temps une réelle valeur scientifique.

D'après cette théorie les « ions « physiques ou « électrons » sont les véhicules en quelque sorte du courant électrique. On est conduit ainsi à ramener la « conductibilité " électrique, dans tous les cas, à une seule et môme cause qui serait l'existence, dans les gaz, de particules électriquement neutres ou pouvant se déplacer dans les gaz sous l'action d'un champ électrostatique.

Évidemment, on n'a pas vu ni saisi au passage les ions positifs ou négatifs. Mais si l'on admet, en lui donnantes nom, cette sorte de curieuse puissance, cette action, dans un gaz conducteur, d'un nombre fini de centres électriquement chargés, beaucoup de phénomènes inexpliqués, ou mal expliqués, peuvent trouver une explication.

La formation des nuages et des brouillards rentre dans cette catégorie, et il est bon de le constater : car qui sait si, le progrès aldanl, on ne pourrait pas remonter de l'effet à la cause et, par conséquent, pour fixer les idées, résoudre, dans une certaine limite, le fameux problème

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de la '1 pluie artificielle » qui a excité le zèle de tant de cliercheurs ?

M, Bernoud, dans une conférence, faite à l'Université de Genève, a montré des expériences de laboratoire fort instructives dans cet ordre d'idées.

Ainsi, il prend un bocal de verre au fond duquel il met un peu d'eau. Ce bocal est en relation avec un piston permettant de décomprimer l'air au-dessus de l'eau, en produisant un léger abaissement de température.

Si on laisse pénétrer dans le bocal de l'air ordinaire chaîné de ses poussières et de ses impuretés naturelles et si l'on tire le piston, tout aussitôt un petit brouillard aux fines gouttelettes se produit.

Refaisons la même expérience, mais avec de l'air parfaitement pur, soigneusement filtré sur un tampon de ouate: plus de brouillard!

Cela confirme l'hypothèse souvent émise que la vapeur d'eau atmosphérique a besoin pour se condenser en brouillard, en pluie, en neige, des petits grains de poussière servant de centres de condensation infmiment petits.

Mais M. Bernoud ne se borne pas là, et voici que les fameux « ions » vont intervenir.

En effet, il reprend le bocal contenant l'air pur filtré, non « brouillardeux » de sa deuxième expérience : il dirige sur lui le piston étant tiré, les rayons Roentgen d'un tube de Crookes. Immédiatement, sans qu'aucune poussière soit intervenue, la condensation se produit et le brouillard apparaît.

Comment expliquer cela, sinon en admettant que, sous l'influence des extraordinaires rayons, de petits centres de condensation se sont produits? L'air du bocal a été bombardé au travers du verre, par les ions chargés d'électricité et ce sont eux qui sont devenus les noyaux des gouttelettes de brouillard: des centres immatériels, des centres

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