LA COMPOSITION DE L'AIR
On ne parle plus guère, depuis quelque temps, de la coinposition de l'air, de sa composition gazeuse chimique, entendons- nous bien. En ce qui concerne sa composition physique, météorologique, nous ne savons que trop combien elle fut, pendant l'hiver igo^-igoS, étonnamment remplie de brumes et de brouillards dont les astronomes nous diront probablement les causes.
Pour en revenir à la composition chimique de l'air, de ce " pabulum » que nous respirons, ce fut une grosse nouvelle lorsque l'on apprit, en 1894, qu'il contenait autre chose que de l'oxygène et de l'azote, et que l'on trouvait aussi dedans, en quantité appréciable, un élément nouveau que ses inventeurs — si l'on peut s'exprimer ainsi — les savants anglais William Ramsay et Trovers, nommèrent l'argon.
En étudiant cet argon, les nouveaux « argonautes « arrivèrent à le fractionner lui-même, et à en extraire d'autres éléments encore plus inconnus, le n^on, le cry/ifon et le xénon. C'est la machine à liquélîer l'air de Linde qui a permis ces investigations, et cela était logique puisqu'il devait y avoir, pendant la liquéfaction, une sorte de classement, par densités, des divers éléments condensés ou liquéfiés.
■Toujours est-il que l'on put observer ceci : c'est que l'air
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liquide possède une (eneurplus élevée en «argon » que l'air gazeux et qu'en poussant plus loin l'opération, on arrive aussi à un enrichissement en crypton et en xénon.
Ce sont, d'ailleurs, des recherches fort délicates, comme on peut le penser. Pour séparer i litre d'argon gazeux, en volume, il faudrait traiter 20 millions delitresd'air; pour obtenir 1 kilogramme de crypton il faudrait alambiquer 7 millions de kilogrammes d'air liquéfié; enfin, le xénon est encore plus rare: pour en avoir 1 litre il faudrait traiter 179 millions de litres d'air.
Est-ce à dire que ces nouveaux gaz, ces impuretés, ou ces puretés de l'atmosphère, suivant le point de vue auquel on les examine, s'y trouvent à des doses tellement infinitésimales que cela ne vaut point la peine d'en parler, en dehors des considérations exclusivement scientifiques? Cela n'est pas l'avis de tous les savants.
Un d'entre eux, de l'Université russe de Kharkof, et qui s'est consacré à l'histoire et à l'étude de l'air, nous mcllait récemment en garde, par de consciencieux travaux, contre les appréciations prématurées. Ayant dosé l'azote de l'air, dans de très nombreuses expériences, au moyen d'un mélange de poudre de magnésium et de chaux, chaulTé au ruuge, il a constaté que la composition de la partie inerte (ou soi-disant telle) de l'air, peut atteindre des variations de 7 à 8 p. 100 en volume. Ces variations ne sont pas les mêmes aux différenles époques de l'année, et leur maximum parait se produire en automne, leur minimum en hiver lorsque l'atmosphère est refroidie et le sol congelé. N'y a-t-il pas là de forts instructifs aperçus au sujet de la radio-activité gazeuse ?
L'air, d'après les mêmes expériences, peut renfermer dans de certaines conditions 80 p. iood'azote,etjl est probable que ses élémentsaccessoires, argon, néon, xénon, y entrent alors dans des proportions relatives assez impor-